Antonella S.

Antonella S.26 avril 2019

Antonella, 31 ans, valdemarnaise, multi potentielle, (très) curieuse, avide de nouvelles expériences, de rencontres, d’échanges et d’apprentissages permanents. Ces mots pour me décrire vibrent en moi. Ils résonnent tellement fort que je pourrais me les faire tatouer… enfin presque.

Du salariat à l’indépendance, plus de sens mais pas moins de pression

J'ai quitté mon boulot et les présentations PowerPoint pour mettre du sens dans ma vie. Un peu trop peut-être. Engagée dans plusieurs associations en plus d'une activité professionnelle, j'en ai oublié de prendre du temps pour moi.

Par Antonella S.26 avril 2019

En 2018, j’ai quitté le salariat. J’ai vécu une sorte de crise du sens après plus d’une décennie à travailler pour quelqu’un d’autre, avec des horaires d’entreprise classiques, toujours les mêmes et un sentiment de ne rien produire de concret si ce n’est des diapositives. Je travaillais dans un grand groupe bancaire sur des projets d’organisation. J’aidais les managers et leurs équipes à travailler de façon plus simple, plus fluide, plus efficace, avec des nouvelles méthodes de travail.

J’avais des envies d’« ailleurs » : des envies de plus de concret (et moins de présentations PowerPoint !), de plus d’humain (et moins d’outils, moins de process !), et plus de sentiment d’utilité. J’avais de plus en plus l’impression de perdre mon temps en étant au bureau alors qu’il y avait tellement d’autres choses plus utiles et plus intéressantes à faire.

J’ai mûri mon projet professionnel et j’ai finalement décidé de monter ma propre structure dans le domaine du développement personnel. Je me disais qu’en étant à mon compte, je pourrais faire les choses à ma façon, travailler quand et comme je le voudrais. Et donc passer plus de temps avec mes proches et prendre soin de moi.

De multiplier les projets, j’en oublie mes bonnes résolutions

Pour monter mon entreprise, je me suis faite accompagner par Port Parallèle, une structure géniale qui m’apprend beaucoup de choses : j’ai un conseiller que je rencontre régulièrement, ils me mettent à disposition plein d’outils et de contacts et ils me permettent de tester mon offre. Je continue en parallèle à faire du bénévolat pour différentes associations qui me tiennent à coeur : une association sportive, une autre dans le monde du handicap, une autre sur le cancer et une autre encore dans l’économie sociale et solidaire. Et puis j’en aide ponctuellement d’autres encore.

Je travaille la semaine et j’aide les différentes associations les soirs et week-ends. Il peut s’agir d’ateliers que j’anime, d’événements à organiser… Et en fait, à me dire que je suis libre de mon temps, celui-ci prend le dessus sur moi. Je multiplie les projets, j’en oublie les bonnes résolutions, d’être plus proche de mon entourage, de prendre soin de moi, de pratiquer la méditation, la marche dans des environnements verts, le sport, la lecture, etc.

Qu’est ce qui me pousse à multiplier les projets ? Je pense qu’il y a un rapport avec le manque de sens que j’ai ressenti pendant plusieurs années. Aujourd’hui, je me nourris d’activités qui m’en apportent, telle une boulimique. Même si ça ne me rémunère pas en euros, ça me rémunère en rencontres, en sentiment d’utilité et en bien-être. Toutes ces choses qui entraient en contradiction avec la façon de voir de mes anciens collègues. Ça m’arrive de plus en plus de rencontrer des personnes et qu’on se dise : « Ah oui, toi aussi tu penses comme ça ?! » Et ça fait un bien fou, je me sens moins seule. 

Aujourd’hui, je souhaite apprendre à dire non

Un peu hyperactive sur les bords. À chaque fois, je me dis : « Quand ça, ça sera passé, j’aurai plus de temps pour moi. » Et puis l’échéance dite passe. Et entre temps, j’ai fait d’autres rencontres, découvert d’autres projets dans lesquels je me suis engagée. Des fois, je me rends compte que je vais trop loin. Je suis plus fatiguée, je suis moins motivée.

Mais vu que c’est mon choix, je ne montre pas qu’au fond de moi ça ne va pas. C’est mon entourage personnel qui se prend des remarques. Souvent, mon ami sent quand ça ne va pas, je suis moins souriante, je fais plus la tête et il me demande ce qui ne va pas. 

Ce témoignage a été écrit en partenariat avec Paumé.e.s., une communauté makesense de personnes en recherche de sens sur leur parcours professionnel, qui se retrouvent via un podcastFacebook ou des rencontres sur les thèmes « Paumé.e.s dans mes contradictions », « Travailler moins pour vivre plus ». Pour se tenir informé.e.s : bit.ly/paumées

Aujourd’hui, je souhaite apprendre à dire non. Ou des oui ponctuels. C’est ma résolution pour cette nouvelle année ! Je prends conscience que je ne peux pas être partout. J’ai décidé de prioriser les causes pour lesquelles je souhaite m’engager. La principale, c’est mon activité d’entrepreneuse. Je pourrai aider d’autres causes plus tard.

J’ai arrêté mon activité de communication dans l’association de rollers, la vente à distance, le bénévolat dans l’association sur le handicap. Et je garde en ligne de mire le fait de prendre le temps pour moi et mon entourage, pour mon bien-être et ma santé.

 

Antonella S., 31 ans, entrepreneuse, Saint-Mandé  

Crédit photo // CC Daniel Chekalov

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