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Maël D.26 mars 2020

Mon hospitalisation après une TS m’a sauvé

Après ma tentative de suicide, j'ai été hospitalisé dans un service spécialisé pour les 15-25 ans. Les médecins m'ont aidé à retrouver goût à la vie.

Par Maël D.26 mars 2020

Dix-sept : c’est le nombre de médicaments que j’ai ingérés le jour où j’ai tenté de me suicider. J’ai ingéré ces médicaments au lycée et je me suis réveillé le lendemain à l’hôpital. Un médecin m’a expliqué que j’avais deux possibilités : me faire hospitaliser dans un hôpital psychiatrique ou intégrer un service spécifique au CHU de Brest réservé aux personnes de 15 à 25 ans ayant commis des gestes suicidaires.

Un mois : c’est la durée de mon hospitalisation. C’était il y a trois ans, en seconde. À cette époque, rien n’allait malgré le sourire sur mon visage. L’envie de quitter ce monde et mes problèmes familiaux. Je ne voulais qu’une seule chose : rentrer chez moi. Mais ce choix ne m’était pas proposé. J’ai choisi le « moins pire » : mon hospitalisation dans le service spécialisé pour les jeunes.

Couper tout lien afin de pas être perturbé

En arrivant, un médecin m’a expliqué brièvement comment fonctionnait le service. Il m’a demandé si j’avais des objets contondants (j’ai deviné facilement que c’était pour éviter d’éventuelles scarifications) et mon téléphone afin d’éviter les contacts avec l’extérieur pendant au moins deux jours. Ces quarante-huit heures servaient d’observation mais permettaient aussi de couper tout lien afin de pas être perturbé.

Ensuite, on m’a donné une sorte d’emploi du temps et des règles à respecter : le téléphone n’est accepté que vingt minutes le matin et vingt minutes le soir, une pause cigarette le matin et une le soir, aucune sortie autorisée sauf si on en fait la demande. Des entretiens réguliers avec un médecin allaient être mis en place, mais aussi des ateliers afin d’extérioriser ses sentiments et son mal-être.

C’est la série événement de France TV Slash. Mental montre le quotidien de jeunes adolescents internés en pédopsychiatrie. Drôle, sans être caricaturale ni cynique, la série parle de cet alliage difficile entre vie d’ado et trouble psychiatrique…

 

Des visites étaient autorisées mais, honnêtement, cela me faisait mal de voir des gens dans ces circonstances… Je n’ai accepté que très peu de visites, seulement de la famille. Je ne voulais en aucun cas que mes amis me voient dans cet état, et encore moins qu’ils s’inquiètent pour moi qui suis une personne souriante, à l’écoute des autres, toujours prête à aider.

Ils ressentaient vraiment la même chose que moi

Au début de mon hospitalisation, je me demandais si j’allais réellement m’en sortir ou au contraire si j’allais sombrer encore plus. Heureusement que les autres personnes hospitalisées sont venues très vite vers moi. Elles m’ont beaucoup aidé à traverser cette période difficile. J’ai rencontré des jeunes qui sont passés par les mêmes choses que moi. On s’aidait les uns les autres.

Ça m’a permis de parler avec des gens qui ressentaient vraiment la même chose que moi.  On essayait de ne pas y penser même si, au début, il fallait bien savoir pourquoi chacun était là… Et puis après on a arrêté, et on a parlé de plein d’autres choses. On avait des permissions, on pouvait sortir pendant une heure et demi. On se baladait, on faisait les magasins…

Nous avions aussi des activités en groupe afin de dire chacun notre ressenti. Par exemple, dire ce qui nous passait par la tête en piochant un mot dans un regroupement de bouts de papier. Toutes les activités étaient axées sur nos émotions. Le médecin qui m’accompagnait, un homme grand, tout fin, souriant, était à l’écoute. Je sentais qu’il était vraiment là pour m’aider, pour que je m’en sorte.

Au fil des jours qui défilaient et des activités qui s’accumulaient, intérieurement j’allais mieux. Je récupérais la joie de vivre qui s’était éteinte il y a quelques semaines de cela. Trois semaines après mon hospitalisation, je me sentais mieux, j’avais extériorisé mes émotions.

Sorti du service psychiatrique, j’ai repris ma vie

Assez vite, je n’ai attendu qu’une chose : la sortie définitive pour pouvoir revoir mes amis et ma famille. Mais j’avais quelques appréhensions sur le fait que mon entourage ne me voit plus de la même manière, qu’il me regarde comme une personne instable émotionnellement.

Pendant des années, Hilda s’est auto-mutilée. Comme Maël, elle en a parlé. Pas à des médecins, mais à son père. Ça l’a aidée à reprendre pied.

Je m’étais trompé sur toute la ligne. Mes amis et ma famille n’attendaient qu’une chose : me revoir avec le sourire aux lèvres. Lorsque je suis rentré, tout le monde était content mais aussi soulagé que j’aie surmonté tout ça. Avec ma famille, on a parlé de ce qu’il s’était passé, de comment je me sentais maintenant. Les amis, ils ont fait comme si rien ne s’était passé et que j’étais toujours la même personne. Heureusement.

Cette hospitalisation m’a rendu plus fort mentalement et m’a appris qu’il fallait toujours faire face à ses problèmes et pas forcément les garder pour soi. Cette période m’a beaucoup marqué.

 

Maël, 18 ans, étudiant, Brest

Crédit photo Unsplash // CC Mostafa Meraji

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1 réaction

  1. Il y a toujours quelqu un pour écouter et il faut etre fort pour certaines épreuves de la vie mais au bout du tunnel se trouve toujours une lumière oui parfois c est extrêmement dur je le conçois pensez à vos parents qui vont se retrouver seuls sans vous leurs larmes leurs désespoirs aussi c est ainsi la vie n est pas un long fleuve tranquille .