Frederick23 février 2018

Je suis un lycéen qui aime bien écrire.

J’ai rencontré une famille en grande difficulté

Un jour, les amis de Frédérick l'ont emmené rencontrer une famille pauvre d’Aubervilliers. Un moment gênant... puis convivial. Un après-midi qu’il n’oubliera pas.

Par Frederick23 février 2018

Mon jogging Nike était tout neuf. Les leurs étaient délavés, froissés. Ils étaient larges sur leurs corps : une taille voire deux de trop. Je me souviens avoir pensé que c’était fait exprès pour leur tenir plus chaud, vu que je sentais que leur salon n’était pas chauffé. J’ai regardé leurs radiateurs : ils étaient en piteux état, il y avait des fissures partout. Bref, leur appartement était délabré.

Cette histoire de jogging me rappelle toujours cette famille. C’était une famille de cinq : une femme et quatre enfants, une fille et trois garçons. Les garçons avaient 13, 7 et 4 ans. La fille, elle, avait 10 ans. Ils habitaient tous à Aubervilliers, à côté de là où j’habite, à la Courneuve, en banlieue parisienne, dans le 93.

Je les ai rencontrés au début de l’année, grâce à un pote de pote qui les connaissait depuis longtemps. Ils étaient déjà allés voir cette famille. D’après mes potes, ils avaient vraiment besoin d’affection. Un jour d’hiver, j’ai décidé de les accompagner.

Ce jour-là, j’ai senti que tous les regards se portaient sur mon jogging tout neuf. J’avais l’impression qu’ils étaient carrément éblouis. Je me suis senti ultra gêné. Ils m’ont accueilli chaleureusement, j’ai senti qu’ils voulaient effacer l’image qu’ils pensaient que j’avais d’eux.

Ils m’ont servi un verre de jus d’orange et m’ont donné des gâteaux. Quand j’ai pris le dernier gâteau du paquet, je me suis rendu compte que l’aîné n’en avait pas eu. Alors j’ai partagé avec lui. Mon verre de jus d’orange aussi.

Cette famille était sans aucun doute très pauvre. D’après mon pote, la mère était veuve. Le père était mort sur un chantier, mais les causes de son décès, on ne savait pas trop. Je n’ai pas osé demander. Je pensais que ça les mettrait mal à l’aise.

Quand j’aurai du travail, je me dis que je pourrai les aider financièrement. Mais pour l’instant, j’ai compris que je pouvais les aider en leur apportant ma compassion et mon affection.

 

Frédérick, 15 ans, lycéen

Crédit photo AdobeStock // CC Chepko Danil

TAGS :