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Carla D.2 juillet 2019

La drogue, y a que ça qui nous lie ?

Par amour pour mon ami Léo, j'ai développé une addiction toxique pour le shit. Et cette amitié sous drogue m'est vitale...

Par Carla D.2 juillet 2019

Depuis le primaire, je fais des bêtises. Mais arrivée au collège, là, j’ai fait des « vraies » bêtises par amour pour mes meilleurs amis. En quatrième, avec Léo, un gars de ma classe, on est devenus meilleurs amis. On a fumé notre première clope ensemble puis on s’est vus de plus en plus en dehors du collège. Avec les vacances d’été, j’ai arrêté de fumer mais lui a continué et est passé au shit.

La drogue, c’était pas possible pour moi. Mais en allant en soirée tous les week-ends… j’étais grave tentée ! Du coup, pour ne pas y toucher, je buvais. Mais j’en avais marre : ma mère a été alcoolique pendant deux ans et à chaque fois que j’étais bourrée j’y repensais. Léo m’a demandé pour la dixième fois si je voulais pas essayer. J’ai fini par dire oui, parce que quand il était def’, ça avait l’air d’être trop bien. J’avais découvert la même année que ma soeur fumait du shit, alors pourquoi pas moi ? Ça m’a plu et j’ai continué. À ce moment-là, je suis devenue meilleure amie avec Lise.

En France, « plus d’un jeune sur quatre (26,9%) déclare avoir fumé du cannabis en 2017 selon le Baromètre santé de Santé publique France. » Des chiffres en hausse, et surtout en France ! Un article Franceinfo

Depuis, je ne me suis jamais arrêtée. Léo et Lise non plus. Avec le temps, on a augmenté les doses. Dès qu’on se voyait, on était obligés d’avoir notre joint, au moins un. Cette année, avec Léo, on a pris trois fois du LSD aussi.

Quand je bédave, je déborde d’amour et d’énergie

Mes parents l’ont appris et ils m’ont interdit de revoir Léo et nos autres potes qui bédavent. Ils me voient sûrement comme une folle. Mais ce que très peu de gens comprennent dans mon entourage c’est que, quand je fume du shit, je me sens bien. Avec moi-même et avec les autres. Je sais très bien que ce n’est vraiment pas bon pour ma santé… Mais est-ce que c’est mieux d’être en bonne santé et de se sentir mal ou de se pourrir la santé et de se sentir bien ? Quand je bédave, je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais j’ai plein d’énergie et je déborde d’amour pour mes meilleurs amis, ça me rend heureuse.

J’ai continué à traîner avec eux, mais ma mère était trop derrière mon dos. C’était horrible, comme si elle m’empêchait d’être heureuse. Un jour, elle a cramé que je voyais toujours Léo et pendant un temps, j’ai vraiment arrêté de le voir, j’avais bien trop peur de mes parents.

Mia a toujours été contre les drogues… avant d’y prendre goût. Au point de devenir une grosse consommatrice et de vivre des descentes de plus en plus dures. Alors elle a tout arrêté. Les drogues c’est comme un jeu, parfois dangereux 

Mais j’étais vraiment mal sans mon meilleur ami et sans mon shit. Un mois et demi après, je l’ai revu, j’ai eu l’impression de renaître, mais on avait pas à bédave. J’ai vite remarqué que notre amitié était vraiment moins bien. Depuis qu’on s’est revus, je le vois tous les jours et j’ai recommencé à fumer. Et à cause de cette pause, j’ai augmenté les doses.

Tout le monde me dit que l’amitié que j’ai avec Léo et Lise est toxique. Je suis d’accord avec eux mais ce que personne n’arrive à comprendre c’est que notre amitié est vitale et elle me rend heureuse. Bien que l’on se tire clairement vers le bas, on s’aime énormément. On est les meilleurs amis du monde.

 

Carla, 15 ans, lycéenne, Paris

Crédit photo Unsplash // CC Mikail Duran // CC Thought Catalog

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