Nanterre Université

Nanterre Université11 janvier 2018

En partenariat avec l'université de Paris Nanterre, des étudiants formés par la ZEP ont récolté ces témoignages.

Ma communauté Twitter m’a sauvé la vie

Collégienne, Léa a trouvé un refuge sur Twitter. Mal dans sa peau, ce sont des inconnus, rencontrés en ligne, qui l'ont aidée à s'affirmer. Un soutien numérique, mais bien réel !

Par Nanterre Université11 janvier 2018

Depuis que je suis toute petite, j’ai des problèmes pour parler avec les gens en vrai. En primaire, ça allait plutôt bien. On est petits donc j’étais juste un peu toute seule. Au collège, c’est devenu plus dur. J’ai commencé à avoir une espèce de pré-crise d’adolescence « emo ».

Emo, c’est un mouvement esthétique et musical, très sombre, un peu passé de mode aujourd’hui. C’est pas gothique, c’est pas métal, c’est juste emo. Donc j’ai eu une période comme ça. Attention c’était pas une petite période : je suis restée dans ce délire pendant genre 5 ans. Ça tenait les gens à l’écart. C’est à ce moment que j’ai commencé à traîner sur des forums, mais c’est sur Twitter que j’ai vraiment pu me libérer.

Une communauté qui m’a donné confiance en moi

Twitter, c’est un réseau social qui joue surtout sur l’instantanéité. Tu postes un truc, ce à quoi tu penses, ce que tu fais, la musique que t’écoutes, le films que tu regardes, peu importe. Si tu as des followers, des gens qui vont suivre tes tweets, ils vont pouvoir te répondre. Ou bien reposter ce que tu viens de dire pour le partager à leurs propres followers.

Sur Twitter, j’ai rencontré les gens qui m’ont permis de prendre confiance en moi dans la vraie vie. Il y a une vraie communauté de gens sympas sur ce réseau. Alors, bien sûr, il y a aussi des personnes beaucoup moins sympas, qui sont là pour embêter tout le monde, mais ceux-là, j’ai réussi à les éviter.

Les gens m’ont aidée en étant là, tout simplement. J’allais pas bien du tout, alors je le postais, et ils étaient toujours un ou deux à répondre, à me réconforter, à m’envoyer des messages en privé aussi, pour me sortir de ma solitude. C’est très réconfortant, quand t’as 14-15 ans, de savoir que des gens se préoccupent de toi.

Sur Twitter, prévenir avant de « partir »

Ça m’a beaucoup aidée à prendre confiance à moi. Ils m’ont motivé à m’habiller comme je voulais, à me maquiller comme je voulais, à ne pas craindre le regard et les mots des autres. C’est dingue comme des inconnus peuvent te sauver la vie parfois.
Aujourd’hui, j’ai des amis en chair et en os, alors je ne vais quasiment plus sur Twitter.

Il a fallu que je prévienne quand même, avant de « partir », vous imaginez ? Je disparais, sans laisser de trace, sans dire au revoir ? Ils se seraient inquiétés… Je pense qu’ils m’ont un peu sauvé la vie, juste par leur gentillesse. Moi j’étais une gamine un peu paumée, et eux c’était peut-être pareil, j’en sais rien, mais on se serrait les coudes, et on était là les uns pour les autres.

 

Léa, 18 ans, étudiante à Nanterre Université

Crédit photo CC hjw223  // Flickr

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