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Daphné A.12 mars 2021

En seconde, m’orienter n’est pas (encore) ma spécialité

La fin de la seconde approche, et je dois choisir mes spécialités et mon orientation. Comme je manque d'informations et d'interlocuteurs, je me mets la pression.

Par Daphné A.12 mars 2021

« Qu’est-ce que tu comptes faire plus tard ? » Un jour, lors d’un repas de famille, le sujet arrive sur la table. Je sens l’angoisse monter en moi. Cette année, je vais devoir décider. Et j’ai l’impression que certains adultes ne se rendent pas compte de la pression que ça nous met quand on a seulement 15 ans.

J’essaie de réfléchir au métier, ou au moins à la branche, dans lequel je pourrais me projeter, mais rien ne vient. Je n’en vois aucun que je pourrais faire à longueur de journée. Parce que je ne suis pas assez informée sur l’ensemble des métiers possibles. Et j’hésite à prendre un rendez-vous avec une conseillère d’orientation car… j’ai toujours entendu des mauvais retours sur leurs conseils : elles nous dirigeraient plus vers des branches qui ne nous attirent pas du tout, mais où on est sûrs de trouver du travail… Pourtant, quand on est vraiment passionné par ce qu’on fait, on peut redoubler d’efforts, non ?

Avec les spécialités, j’ai peur de ne pas pouvoir revenir en arrière

J’ai évidemment parlé avec mes parents. Même s’ils me répètent « ne t’inquiète pas, tu as le temps pour réfléchir », je ne suis pas plus rassurée. Et puis, avec la réforme du bac et les spécialités totalement nouvelles en première, je suis un peu perturbée…

Récemment, notre professeure principale nous a donné des documents avec les détails de chaque filière pour y voir un peu plus clair. J’ai regardé dans quel « profil d’élève » je me retrouvais le plus, puis j’ai procédé par élimination pour choisir ma future « filière ». J’ai essayé de réfléchir toute seule pour ne pas être influencée, et après j’ai demandé l’avis de mes amies et de mes parents ; pour être sûre que les spécialités correspondaient bien à mon caractère et à ma manière de travailler.

Au départ, j’ai choisi : « mathématiques », « sciences de l’ingénieur » et « numérique et sciences informatiques ». Mais après plusieurs discussions avec ma professeure de physique-chimie, je pense finalement remplacer « numérique et sciences informatiques » par « physique-chimie », car ce serait plus bénéfique avec la « science de l’ingénieur ».

La seconde n’est qu’une étape de cette spécialisation. Le Monde a discuté avec des lycéen·ne·s qui, en première, choisissent stratégiquement leurs spécialités pour le bac. Un grand écart entre leur orientation pour l’avenir et la pression des notes.

 

Mais pour Parcoursup… je ne sais pas du tout comment ça fonctionne. Ni quels impacts mes choix peuvent avoir… Ni mes parents, ni mes professeurs ne me mettent vraiment la pression, et pourtant je la ressens quand même.

« Comment vous voyez-vous dans dix ans ? »

Parfois, je me demande si ces spécialités ne vont pas me fermer certaines portes dès la première… Mais je pense que celles que j’ai choisies peuvent permettre de déboucher sur plein de métiers que je ne connais pas encore. J’aimerais avoir plus d’informations concrètes sur des métiers et domaines professionnels moins connus que médecin, ingénieur, vendeuse ou secrétaire ! J’ai juste un peu peur de ne pas pouvoir revenir en arrière. Heureusement, j’ai encore jusqu’à la fin de l’année scolaire pour modifier mon choix. La feuille de demande des spécialités fait plusieurs allers-retours entre mes parents, les professeurs et moi durant toute l’année. Ça me rassure un peu.

Pour Aurélie aussi, l’orientation a été compliqué. Au lycée, elle savait déjà qu’elle souhaitait travailler dans l’événementiel, mais faute de soutien de la part de ses parents et de sa conseillère d’orientation, il lui a fallu plusieurs années avant d’y parvenir.

Mais le temps passe vite et je vais bientôt être contrainte de choisir. En attendant, à chaque début d’année, les professeurs nous donnent ces petites feuilles sur lesquelles on doit mettre nos informations personnelles, et il y a toujours cette question anxiogène : « Comment vous voyez-vous dans dix ans ? » Ou une variante : « Quelles études envisagez-vous de faire ? » Ou tout simplement : « Quel métier voulez-vous faire quand vous serait plus grand(e) ? » Ce à quoi je réponds bien évidemment toujours par le traditionnel : « Je ne sais pas. » Alors que, sans la pression de cette interrogation innocente mais vraiment angoissante, je finirai peut-être par me poser calmement les bonnes questions et enfin « trouver ma voie ».

 

Daphné, 15 ans, lycéenne, Gardanne

Crédits photo Unsplash / CC David Pisnoy

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