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Paul A.8 février 2021

Quartier des 3000 : je veux réussir comme Aya et Moussa

Aulnay-sous-Bois a mauvaise réputation. Pourtant, on y trouve des talents comme Aya Nakamura et Moussa Sissoko. J'espère, un jour, inspirer comme eux les petits de mon quartier.

Par Paul A.8 février 2021

La première fois que j’ai entendu « Aya Nakamura », j’étais assis chez moi et j’ai entendu son prénom à la radio. J’ai pensé à une fille de mon quartier mais je n’étais pas sûr qu’elle chantait, du coup, j’ai demandé à un ami à moi si c’était bien cette Aya :

– Eh t’as vu Aya Nakamura de la cité, elle chante ?

– Ouais pourquoi ?

– Elle passe à la radio là wesh mdr.

– Mdr jure !

Et on a commencé à rigoler. Ça m’a choqué car c’était une personne que je connaissais avant qu’elle soit connue, j’avais l’habitude de la voir traîner dans la rue. Et entendre son prénom à la radio, ça m’a surpris, j’étais fier d’elle.

Les quartiers de France ne sont pas comme on le pense, il y a beaucoup de talents

Je vis au quartier de la Rose-des-Vents dans la ville d’Aulnay-sous-Bois. Aulnay-sous-Bois est une ville très mal réputée à cause de tout ce qui se passe là-bas, du genre criminalité, trafic de drogue… Pourtant, il ne se passe pas que ça, il y a beaucoup mieux. Certaines personnes sont connues dans la France entière. Plus précisément des personnes du quartier des 3000.

Aya Nakamura : chanteuse auteure-compositrice-interprète très connue pour son premier album certifié disque de platine.

Moussa Sissoko : footballeur international qui joue en équipe de France et à Tottenham, finaliste de l’Euro 2016.

Les Ateliers Médicis, situés à Clichy-sous-Bois et Montfermeil, sont un lieu d’accompagnement et de résidence pour des artistes de toutes disciplines. En guise de fil rouge, une question : quelle place pour la création artistique dans les banlieues, à l’aube du Grand Paris ?

 

Il reste des tas d’autres exemples… Tout ça pour vous dire que les quartiers de France ne sont pas comme on le pense, il y a beaucoup de talents.

Ils nous motivent à nous lancer dans des projets

Quand ces personnes reviennent au quartier, de temps en temps, ça nous fait très plaisir de les voir, et on leur montre notre joie en les acclamant, en voulant prendre des photos, en ayant des discussions… On parle de leur nouvelle vie, on leur demande comment elle a changé : ils disent que ça a beaucoup changé et que c’est dérangeant certaines fois quand des fans les reconnaissent.

Ils nous motivent aussi à nous lancer dans des projets et nous disent que, si on veut faire comme eux, va falloir être fort ! J’ai parlé de ça avec Adrien Gasmi, un joueur de foot en salle qui joue pour l’équipe de France, et il m’a donné envie de faire comme lui.

Avoir des modèles comme Moussa Sissoko ou Aya Nakamura, ça nous inspire

Devant certains matchs de Moussa Sissoko ou quand j’entends Aya Nakamura passer à la radio, je suis très fier qu’on vienne de la même ville… Et ça nous pousse, nous les jeunes du quartier, à nous lancer dans plusieurs domaines. Je voulais me lancer dans le foot, par exemple. J’ai fait deux ans de foot, puis j’ai eu une boule de croissance qui m’a empêché de pratiquer certaines activités physiques.

Le déterminisme ? Ras-le-bol. Khadidja aussi a grandi dans un quartier populaire. Après avoir subi plusieurs revers, elle a été embauchée par l’association Ghett’up qui valorise les jeunes de ces quartiers : « Aux plus jeunes, nous disons de rêver et qu’avoir trop d’ambition n’est pas un problème. »

Avoir des modèles comme ça, ça donne envie de faire comme eux. Et ça donne aussi une belle image de la ville d’où on vient. Je suis fier qu’ils donnent une belle image d’ici, et j’espère pouvoir faire pareil plus tard, inspirer les petits de mon quartier.

 

Paul, 15 ans, lycéen, Aulnay-sous-Bois

Crédit photo Unsplash // CC Tom Sodoge

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