HanK

HanK15 mai 2017 5 mn

Diplômé d ingénierie mécanique, actuellement en volontariat militaire au sein de la marine nationale. Passionné par l'armée, le sport et la politique. J'ai aussi bossé dans une épicerie solidaire.

Pourquoi à 25 ans je vote Front National

Un tiers des jeunes qui ont voté à la présidentielle ont choisi Marine Le Pen. Parmi eux, Hank, 25 ans, militant, pas content de "sa" France qui se transforme.

Par HanK15 mai 2017 5 mn

J’ai 25 ans, mon père est algérien et ma mère française. Titulaire d’un bac S mention très bien, j’ai fait des études d’ingénieur. Je suis maintenant militaire et engagé au Front National.

J’ai grandi en banlieue parisienne dans une ville moyenne du 94, Choisy-le-Roi. J’ai été au collège public, puis au lycée public. Durant toute cette période, je me suis construit des certitudes basées sur l’observation  de l’environnement dans lequel j’étais. En écoutant, lisant, parlant avec des gens de mon entourage, ma famille, des amis d’amis, j’ai constaté comment ma ville avait évolué en seulement quelques années.

Il y a 20 ans, ma mère tenait une boutique de cadeaux (vaisselle, faïence, argenterie, etc.) en centre-ville, près de la gare, dans une galerie marchande. De ce qu’elle m’a dit, ses clients étaient des Français de classe moyenne, voire plutôt aisés, qui habitaient la ville. Ses voisins étaient des poissonniers, des bouchers, des marchands de chaussures, des maroquiniers assez haut de gamme, des patrons de brasseries où l’on pouvait se retrouver en famille. Tous ces commerces de bonne tenue faisaient de cette galerie marchande un lieu agréable où il faisait bon vivre et surtout où l’on se sentait en sécurité.

La ville était un lieu de brassage culturel où cohabitaient Français, Portugais, Italiens, Algériens, Marocains, Sénégalais, etc.

Chaque communauté étrangère se gardait bien de mettre en avant ostensiblement ses origines, sa religion, sa culture, surtout dans l’espace public. Tous faisaient preuve de retenue et d’intégration notamment en s’habillant « à l’européenne ». Pour les hommes : costumes. Pour les femmes musulmanes : voiles discrets et vêtements classiques.

Ma ville s’est communautarisée

Aujourd’hui, cette époque est révolue. La boutique de ma mère a été depuis vendue pour raisons personnelles. La galerie s’est vidée de toutes ses belles boutiques pour faire place à des taxiphones, des boutiques de vêtements à bas prix, des magasins « tout à 1 euro », des « coiffeurs » prix cassés qui ne savent faire qu’une seule coupe de cheveux, des cafés devant lesquels des dizaines d’hommes sont stationnés du matin au soir et dans lesquels une femme ne s’aventurerait pas seule, des boucheries halal, des boulangeries orientales, des kebabs, etc.

Cette galerie marchande est maintenant un lieu que les personnes allant à la gare traversent au pas de course, car il y règne un sentiment d’insécurité (moi, ça va, je suis en capacité de me défendre). Devant plusieurs commerces, quelques hommes stationnent du matin au soir, plongés dans une odeur de cannabis persistante. Des « jeunes » habitant la cité d’à côté y passent en scooters manquant de renverser des personnes. Il y a souvent des bagarres. De ce fait, des rondes de police sont organisées mais cela n’arrange rien, car le mal est déjà fait.

Ma ville s’est littéralement communautarisée. Croiser des femmes en voile intégral et des hommes en robe « islamique » est devenu courant, dans les transports en commun on n’entend quasiment plus le français mais une multitude de langues orientales.

Les boutiques se sont pour beaucoup « halalisées » afin de répondre à la demande de la population. Le marché est devenu une sorte de souk où l’on se balade entre le vendeur de hijabs et l’imam récoltant des fonds pour la construction d’une future mosquée.

Au collège, j’entendais « Sale Français »

Au collège, c’était pareil. J’étais dans des classes où il n’y avait presque plus de brassage car elles étaient quasiment exclusivement remplies d’enfants d’immigrés maghrébins et africains. Le niveau était très faible, car la plupart ne faisaient pas leurs devoirs et n’étaient en aucun cas encadrés par leurs parents ni poussés à réussir comme en témoignaient les réunions parents profs où la plupart ne se déplaçaient même pas.

Non content de ne rien faire, la plupart passaient leur temps à chercher le meilleur moyen de faire craquer le professeur. Certains cours étaient très difficiles à suivre, comme le cours sur les religions en 6ème qui était accompagné d’insultes envers la religion juive ou la religion chrétienne. Ou encore le cours sur la création d’Israël ou le cours sur les guerres de décolonisation.

En aucun cas, les élèves ne cherchaient à apprendre, ils cherchaient juste à cracher leur haine des juifs, leur haine de la France.

Dans la cour de récréation, le racisme anti français et anti blanc était déjà présent, on pouvait souvent entendre les « sale Français » ou « sale blanc » envers les quelques autochtones qui demeuraient dans l’établissement.

Un militantisme 2.0

C’est pour tout cela que je me suis engagé au Front National. Pour l’instant, je ne fais que voter FN et un peu de militantisme sur les réseaux sociaux. Mais il est très probable qu’à la suite de cette élection présidentielle, je m’engage de façon plus soutenue en prenant notamment des responsabilités au sein du parti ou même d’un nouveau parti reprenant les mêmes valeurs. Le Front National manque cruellement de cadres de la société civile qui puissent l’aider à faire mûrir son projet et à lui apporter de la crédibilité.

Pour revenir sur les réseaux sociaux, je pratique l’activisme en ligne en période électorale mais ce n’est pas à 100% satisfaisant. D’un côté, je trouve bien de faire prendre conscience à certains de mes amis vivant dans un monde de « bisounours » de la gravité de la situation en France. D’un autre côté, je comprends les personnes qui me disent qu’elles n’ont pas envie de voir de la politique dans leur fil d’actualité.

Certains de mes amis m’envoient des messages en privé pour me dire qu’ils sont d’accord avec moi mais n’osent pas publiquement afficher leur opinion de peur de se fâcher avec leurs amis ou de casser leur image lisse.

Je comprends ces peurs mais il faut savoir faire la part des choses entre les opinions politiques et l’amitié.

Malheureusement, les anti Front National primaires hystérisent le débat et se comportent en véritable fascistes (le même fascisme qu’ils passent leur temps à dénoncer) en insultant, diabolisant et en clouant au pilori chaque personne ne partageant pas leur opinion. À chaque argument construit, ils répondent par leur éternel discours sur les extrêmes, sans même essayer de comprendre l’argumentaire.

Casser les préjugés sur les frontistes

Outre le fait que je sois moi-même métisse et diplômé, parmi mes amis votant FN, on retrouve de tout : des diplômés, des non diplômés, des blancs, des métisses, des gens des villes, en particulier de la banlieue, des gens des campagnes, des ouvriers, des cadres. Tout cela démontre bien la désinformation qui consiste à humilier et décrédibiliser l’électorat front national en le traitant de consanguins, de débiles, de campagnard, de racistes et de fascistes.

Tout cela est bien évidemment faux et très pratique afin d’éviter tout débat d’idées qui mettrait très vite en difficulté les personnes dont beaucoup font partie des couches les plus favorisées de la société, habitant dans les beaux quartiers des grandes villes, ayant fait les plus grandes écoles payées par papa et se sentant apatrides dans l’âme, car purs produits de la mondialisation dont ils reproduisent tous les codes.

Ce sont ces mêmes donneurs de leçons qui se permettent d’insulter les électeurs front national alors qu’eux-mêmes sont totalement déconnectés de la vraie vie.

La valeur principale dans laquelle je me retrouve au Front National est le patriotisme. Ma famille m’a inculqué le patriotisme et l’amour de mon pays dès tout petit, en me racontant l’histoire de notre nation à travers ses 2000 ans d’histoire et en me rappelant sans cesse que nos ancêtres se sont battus pour notre liberté. Il ne faut pas confondre le patriotisme et le nationalisme. Le patriotisme est l’amour de son pays tandis que le nationalisme est la haine des autres pays. J’aime voyager et découvrir de nouvelles cultures, tout comme j’aime la diversité et le brassage culturel.

Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que tout cela est possible quand il y a un équilibre et que des règles claires sont fixées.

 

HanK, 25 ans, ingénieur militaire, Choisy-le-Roi

Crédit photo CC Blandine le Cain // Flickr

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8 réactions

  1. J’aurais tellement de choses à dire, à répondre à ton article que je ne sais même pas par quoi commencer… sinon que je pense que tu te fais complètement avoir par le FN, comme beaucoup de gens…
    Quant au patriotisme. que tu revendiques avec tant de fierté… un tas de valeurs surannées utilisées pour remplir de conviction les têtes vides et donner un sens à ceux qui peinent à en trouver dans leur vie… pour moi le patriotisme dédié à n’importe quel pays est quelque chose de mauvais, de trompeur. Combien de guerres aura déclenché ce prétendu « amour de son pays » derrière lequel se cache en réalité la haine du voisin, le sentiment de supériorité simplement parce qu’on est né du « bon côté de la frontière »… Parce que, désolée, patriotisme et nationalisme vont souvent ensemble dans la tête des gens(pas forcément toi, mais beaucoup)

    Je vais te dire: je suis française mais jamais je donnerais du temps ou ma vie à un pays.. Il y a plein de beaux pays dans le monde. Apprends donc à aimer le monde, plutôt que seulement « ton pays ».

  2. Tout cela est bien dit et recoupe une réalité que l’on observe un peu partout. Internet a considérablement exacerbé la frime et l’agressivité. Pas sûr que nos voisins s’en sortent mieux mais si tu prend le cas des Allemands ou des Scandinaves, il n’y a pas chez eux cette haine de la famille et du drapeau. Dans ces pays là tu peux voir des punks et des gens avec des looks bizarres mener une vie très normale, exprimer des sentiments patriotes, et ne pas entretenir un esprit de sécession. Les Français ont été de grands libertaires de papier et ils ont échoué à mettre en accord les paroles et les actes.

    De plus l’Europe n’a rien harmonisé du tout, ou sinon vers le bas. Elle n’est rien d’autre qu’un systeme hyper-concurrentiel depuis l’Euro, où chaque pays joue contre les 26 autres. Fou comme ont été vite oubliés les « Plus jamais ça » de la génération qui a connu la seconde guerre mondiale et qui se seraient largement contentés d’une Europe à 5 ou 6.

    Donc, à présent, en ce qui me concerne, je ne vois plus qu’une intervention de l’armée pour calmer les mauvais esprits parce que les gouvernements précédents n’a pas eu le cran de taper fraudeurs et malfaiteurs au portefeuille et à l’honneur.

    Et ça devrait se faire sur plusieurs années avant que les vrais créatifs, qui ne sont ni gauchistes à la manque, ni déviants, ni pervers puissent reprendre une partie des leviers. On les en a découragé en sacralisant les salauds en permanence , ceux qui justement n’ont pas d’idéal pas d’éthiques pas de principes , des enfants-rois qui n’ont pas reçu les coups de pied aux fesses pour apprendre à se comporter. Actuellement les vrais gens honnêtes , et il y en a encore, c’est même la majorité des gens espèrent ce que je viens de préconiser. C’est ça ou l’effondrement.

  3. J’ai oublié de mentionner deux fléaux : la finance qui joue contre l’économie et qui est à relier à l’avenement d’internet lui meme issu de la lente informatisation du monde. Et la consommation sans freins qui n’a que de mauvaises conséquences sur tous les plans. C’est vrai la France, et pas qu’elle, ont besoin d’une diète sévère, une sorte de régime au pain sec et à l’eau pour rattraper toutes ces années de folie consumériste

  4. Très bon article qui refléte en grande partie mon enfance et celle de nombre de mes amis en banlieue lyonnaise. La transformation décrite est réellement en marche, mais pour s’en rendre compte il faut encore y vivre. Car souvent les donneurs de leçon ne vivent pas dans les quartiers sensibles.
    Sur la question du patriotisme soulevé par le commentaire précédent, pardon mais c’est du grand n’importe quoi. En quoi aimer son pays est ce détester celui des autres ? Vous confondez tout. J’aime mon pays mais cela ne m’empêche pas de visiter des pays étrangers et d’apprécier leur culture. Donc « jamais vous ne donnerez du temps ou votre vie pour votre pays », donc que dire des pompiers, des militaires, des policiers qui sauvent des vies et vous protègent tous les jours. Que dire également des gens qui tiennent les bureaux de vote lors des élections pour faire marcher la démocratie, qui s’investissent dans des assos de quartiers car tout ça c’est donner du temps pour son pays.
    Vous êtes bien contente de vivre dans un pays qui assure votre sécurité, qui éduque gratuitement vos enfants, qui met à votre disposition des aides en cas de coup dur et c’est comme ça que vous le remerciez ? Vous parlez de haine mais désolé de vous apprendre que la haine est de votre côté ..
    En conclusion apprenez donc d’abord à aimer le pays qui vous nourrit et ensuite les autres pays.

  5. Et j’ajouterai mes félécitations à l’auteur pour avoir le courage de témoigner sur sa réalité.

  6. Article merveilleusement écrit dans sur le fond que dans la forme. Il dépeint ce que la majorité d’entre nous sait et voit -pas las aveugles et victimes de dissonance cognitive, non-
    L’histoire d’une France qui n’est plus, de la liberté, la joie de vivre et la démocratie que, pires que les islamistes et les collabos, les bobos arrogants et prétentieux viennent de détruire.
    Ces inconscients sont encore plus coupables car ils nous tient vers le bas, vers la fin de la civilisation, dans le sens premier du terme.
    Merci d’avoir exprimé si clairement ce que les réveillés voient !

  7. Cet article semble avoir été rédigé par le service communication du FN lui-même pour nous présenter un profil de militant parfait (diplômé, issu de l’immigration et des quartiers). L’anonymat imposé au militaire qu’il serait est ici bien pratique.

  8. L’auteur écrit « Tout cela est bien évidemment faux et très pratique afin d’éviter tout débat d’idées qui mettrait très vite en difficulté les personnes dont beaucoup font partie des couches les plus favorisées de la société, » De toute évidence il a raté le débat opposant Macron et Lepen.
    Le FN ne propose aucune idée fédératrice en dehors de la haine et du rejet de l’autre. La société va mal c’est vrai, et votre existence comme celle du communautarisme en sont les signes.