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Laureen L.19 juillet 2020

Violences conjugales entre femmes, j’en ai été victime

Après un mois de bonheur avec ma petite amie, elle a totalement changé et est devenue violente. Elle m'a battue, violée et brisée...

Par Laureen L.19 juillet 2020

J’ai rencontré Tina au mariage de mon parrain. Elle portait un polo blanc avec un short gris. Quand je l’ai vue, je suis tout de suite tombée amoureuse. Elle avait 20 ans et moi 16. Nous vivions à 600 km l’une de l’autre, c’était trop dur pour nous voir. Donc je l’ai rapidement rejointe chez elle. On vivait dans un bel appartement sous les toits. Le premier mois, je vivais un vrai conte de fée. Des bouquets de fleur à chaque fois qu’elle rentrait… Après, tout a très mal tourné.

Un jour, elle est rentrée du travail. Un de ses collègues était avec moi à la maison, elle s’est mise à hurler et à me crier dessus. Elle demandait pourquoi il était là, elle disait que je couchais avec lui. Une fois seules, elle m’a frappée pour la première fois. Elle m’a juré que jamais plus elle ne recommencerait et, bien sûr, je l’ai crue. Mais plus le temps passait et pire c’était. Je n’avais plus le droit de voir mes amis ou même ma famille. Elle avait une emprise tellement forte sur moi. Elle me frappait tous les jours et moi je restais muette et soumise. J’avais tellement peur de parler et que cela devienne pire.

Elle a tenté de me frapper devant ma sœur

Au bout de six mois, je suis allée voir ma famille. Elle a très mal pris le fait que je ne lui demande pas la permission et m’a jeté trois bocks de bière au visage : « Casse toi salope ! », « Si tu prends ce train, je te fume. » Voilà les mots qu’elle m’a dit. Je suis quand même partie avec cette boule au ventre qui ne voulait pas me lâcher. Mais finalement je suis retournée auprès d’elle. J’avais trop peur des représailles. Heureusement pour moi, ma famille a compris qu’il se passait quelque chose. Ma sœur et ma belle-sœur sont venues me chercher.

Agathe et Lou est un court-métrage sur les violences conjugales dans un couple lesbien réalisé par Noémie Fy. On s’y retrouve confronté aux violences physiques et psychiques que Lou fait subir à sa compagne Agathe. 

 

Quand elles sont arrivées, Tina hurlait : « Si tu montes, tu es morte t’es rien sans moi sale petite pute ! » Elle essayait de me frapper. Elle a tapé dans la voiture et a touché ma belle-sœur. J’avais tellement peur que je suis montée dans la voiture et je n’ai pas parlé durant les six heures de route. Ma sœur était folle de rage. Je suis restée trois semaines en Bretagne et je suis retournée là-bas. On pourrait croire que j’aimais cela. Mais non. J’ai cédé par peur tout simplement. Je suis restée trois mois de plus. Bien sûr, rien n’a changé.

Violée par ma copine, les flics ne me croient pas

Au contraire, tout était pire. Un jour, elle est rentrée du travail en colère, a mis sa main dans mon jean et m’a violée. Ensuite, elle m’a frappée plusieurs fois au visage très violemment. Ce jour-là, j’ai rendu pour la première fois ses coups. Elle a tenté de me tuer alors je me suis enfuie. J’ai trouvé refuge chez ma voisine. Elle m’a conduite à la gendarmerie. La bonne blague…  Je suis arrivée en demandant de porter plainte mais ils ne m’ont jamais crue ! Ils ne m’ont jamais aidée. Tout ce qu’ils ont su me dire, c’est de ne pas la contrarier. 

Eva a elle aussi subi des violences conjugales. Elle aussi a connu l’enfer du dépôt de plainte, et dit vivre avec la peur que personne ne la prenne sincèrement au sérieux…

Je me suis séparée d’elle, pour de bon cette fois-ci. Elle m’a harcelée durant trois mois avec des messages du style « je vais te retrouver, je vais te tuer, tu va payer tu vas voir ». Sans aucun doute la pire période ma vie… Je n’avais plus confiance en personne. Je me disais qu’elle avait raison, que tout cela était de ma faute, que je ne méritais pas de vivre. Ma famille ne m’a jamais lâchée quand j’ai voulu mettre fin à ma vie, ils étaient là.

Cette femme m’a brisée au plus profond de moi. Je ne suis plus jamais ressortie avec une fille : trop peur que ces violences conjugales recommencent.

 

Laureen, 19 ans, en formation, Brest

Credit Photo Unsplash // CC Molly Belle

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1 réaction

  1. Bravo d’être partie, ça demande beaucoup de courage !