Loi travail : dans la rue pour manifester avec des idées

Mercredi 9 mars 2016, manifestation contre le projet de loi El Khomri de réforme du code du travail.
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Nous sommes Zoé, JB, Wallis, Bamboo, Manon, Gabriel, Soumeya, Thomas, Maud…

Nous sommes étudiants, nous sommes jeunes travailleurs – souvent – précaires, nous sommes stagiaires, nous sommes chômeurs, nous sommes en service civique.

Nous, génération fantasmée

Nous sommes ceux que les médias appellent la jeunesse, la génération « Y », « Bataclan ».

Nous sommes d’origines et de parcours divers, et malgré nos différences, nous nous retrouvons autour de valeurs, de rêves et d’espoirs communs. Nous ne parlons pas au nom de la jeunesse, mais au nom de la pluralité que nous formons.

Nous serons dans la rue ce jeudi 31 mars afin de protester contre le projet de réforme du Code du travail, et si nous prenons la plume aujourd’hui c’est pour nous adresser à la génération de nos parents, génération qui ne comprend pas les enjeux qui font que nous nous dressons contre cette loi.

Génération qui nous fantasme un coup désengagé, un coup manipulable, un coup individualiste. Génération qui partage une vision très caricaturale de cette jeunesse qui est la nôtre, à cause du matraquage médiatique ou par mauvaise volonté.

Si aujourd’hui, et depuis un mois, nous nous levons contre la Loi El Khomri, c’est seulement parce que nous sommes pétris d’espoirs et de rêves. Dans cette société où nous sommes en permanence mis en concurrence, les uns face aux autres, où la compétitivité a pris le pas sur la collaboration entre les hommes, nous voulons choisir un autre modèle de société. Car c’est bien ce dont il est question : de quelle société voulons-nous ?

Ecoutez-nous !

Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui, on persiste à nous faire croire qu’un monde plus juste pour tous n’est pas possible, pas souhaitable. À l’heure où il n’y a jamais eu autant d’ultra-riches, jamais autant de pauvres, à l’heure où l’on nous vend une crise des répartitions du travail et des richesses pour une crise économique, prenons notre destinée en main.

Nous ne nous attarderons pas sur les aspects techniques de cette loi, d’autres l’ont très bien fait (ICIICILÀ-BAS et ), nous voulons juste crier qu’une autre voie est possible.

Le travail est l’une des pierres angulaires de nos vies, de lui dépendent pour beaucoup nos revenus et notre dignité. Voilà pourquoi nous considérons cette loi non comme la réforme d’un Code technique, mais comme une grande réforme de société.

Nous entendons en permanence l’éternelle ritournelle sur ces jeunes qui protestent mais qui ne proposent rien. Et bien figurez-vous que c’est faux, il suffit juste de tendre un peu l’oreille et de nous écouter. Nous ne sommes pas économistes, politiques, experts de BFM, visiteurs du soir de l’Elysée, syndicats,  lobbys économiques… mais cela ne nous empêche pas de bien connaître la situation de notre pays, pour l’étudier ou pour la vivre !

Que faire donc ?

-> Travaillons tous et travaillons mieux ! Répartissons le temps de travail avec des dérogations encadrées par la loi pour celles et ceux qui le souhaitent vraiment. 35h/semaine effectives au lieu des 44h effectives aujourd’hui. Nous en avons les moyens !

-> Égalité de fait et discrimination positive : mettons sur un pied d’égalité femmes et hommes face à l’emploi.

-> Luttons contre les discriminations à l’embauche (couleurs de peau, quartier d’origine, obésité…) : trop de profils nécessaires à l’économie et à la recherche sont exclus de l’emploi chaque année.

-> Faisons réellement payer les impôts dus par les fraudeurs et multinationales championnes de l’évasion fiscale (60 milliards par an) afin de soulager les charges des TPE et petites PME, véritables poumons économiques de notre pays souvent en difficulté.

-> Faisons confiance aux jeunes entrepreneurs de demain (numérique, économie sociale et solidaire, écologie…)

 

À vous nos chers parents, vous qui avez partagé nos rêves, nos indignations et nos espoirs dans votre jeunesse, seuls on ira vite, avec vous on ira loin. Aidez-nous à bâtir ce monde – que nous souhaitons tous – meilleur. À nous le rêve et la fougue de la jeunesse, à vous l’expérience et le recul de l’âge.

« L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir. » Jean Jaurès.

 

Soumeya Koubaa (21 ans, étudiante en gestion administrative), Jean-Baptiste Rufach (22 ans, Sciences Po Toulouse), Zoé Hillion ( 26 ans  Master sociologie recherche emploi),  Wallis Guiton (21 ans, étudiant Biologie/Environnement), Bambou Monnet (24 ans, trapéziste, serveuse en temps partiel), Manon Racz (20 ans, Sciences Po Toulouse), Gabriel Guinaudeau (25 ans, Master MEEF, recherche emploi), , Maud Lalo (23 ans, Master d’Histoire), Thomas Husar-Blanc (23 ans, président de Good Morning Toulouse), Chloé Brandely (27 ans, salariée)

Crédit photo DOMINIQUE FAGET AFP

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1 RÉACTION
  • Philippe 23 avril 2016

    êtes-vous sûr(e)s que vous accepterez que des collègues veuillent bosser par exemple 12h par jour ? Dans ce cas, l’employeur n’a pas besoin d’embaucher une autre personne pour faire le taf. Vous voulez bien laisser le choix, mais à condition que cela vous convienne en fait.

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