L’éduc pop, c’est pas que des hippies !

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Je suis engagée dans divers mouvements : le premier permet à des jeunes de s’inscrire dans des actions de solidarité locale auprès d’habitants de quartiers populaires, le second propose à des associations de former leurs militants et de participer, aux côtés d’universitaires, à de la recherche. Ce dernier fait le lien entre université et monde associatif, il permet aux personnes engagées de se « professionnaliser », de prendre du recul quant à leurs engagements et à leurs postures.

Quand j’explique mes propres engagements, on me dit souvent : « Ah, tu fais partie de l’éduc pop ! »

La « gentille » qui rêve d’un monde plus juste et solidaire

Derrière cette simple phrase, j’entends des jugements qui en disent long sur la méconnaissance de ce mouvement. Je peux ressentir qu’on me voit comme la gentille jeune femme qui croit encore qu’un Mai 68 est possible, qui rêve d’un monde plus juste et solidaire, une utopiste entourée de personnes qui passent leurs soirées à refaire le monde autour d’un feu de camp en mangeant des chamallows grillés…

Alors non, messieurs dames, ceux qui s’engagent dans l’éducation populaire ne sont pas que des jeunes utopistes qui refont le monde autour d’un feu de camp.

L’éducation populaire est un courant de pensée, une philosophie qui porte un certain nombre de valeurs. Chacun d’entre nous a croisé l’éduc pop au moins une fois dans sa vie : au centre social pendant les vacances scolaires, au club de foot le samedi après-midi…

Je suis pour ma part une enfant de l’éducation populaire. J’ai néanmoins des diplômes universitaires qui m’ont apporté des compétences et ce que j’ai appris (et continue d’apprendre) en côtoyant le monde de l’éducation populaire, est complémentaire à ces mêmes compétences.

Contribuer simplement à construire du lien social

Par ces engagements, je participe à tisser du lien, à transmettre des valeurs. Je m’enrichis des personnes que je croise et avec qui je partage/confronte des idées. Je ne vais certes pas changer le monde (et ce n’est pas ma prétention) mais je contribue à ma hauteur, à la société civile. Je crois en ces engagements qui construisent du lien social et apportent de la solidarité dans une société noircie par un repli sur soi, une montée des extrêmes qui n’apportent que haine, par une mise en concurrence des individus.

Oui, quelques fois, je me surprends à refaire le monde et à rêver d’un monde plus juste mais dans le contexte actuel, ça fait du bien !

Alors oui, je suis une engagée du milieu de l’éduc pop, je porte fièrement ces valeurs et j’ai passé l’âge de manger des chamallows grillés autour d’un feu de camp… (Même si c’est très bon !)

A, chargée de mission et bénévole dans l’éducation populaire même à 32 ans !, Saint-Etienne

Illustration Gen Fash

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1 RÉACTION
  • P2R 6 mai 2014

    Dans l’éduc’ pop’ actuelle, on a remplacé les chamallows grillés par quelques bières. Pour refaire le monde, ça marche aussi bien !
    « Je ne vais certes pas changer le monde (et ce n’est pas ma prétention) mais je contribue à ma hauteur, à la société civile » : c’est justement le cumul de ces nombreuses initiatives qui fait que le changement de société -plus juste et plus solidaire- soit envisageable. Il ne faut pas y croire, il faut en être convaincu.
    Another world is possible !

RÉAGIS