Malgré tout j’ai réussi à faire de « grandes études »

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« Mylène est une élève moyenne ». Cette phrase, je l’ai entendu plus d’une dizaine de fois de la part de mes professeurs, et ce, quelle que soit la matière. A chaque réunion parents-professeurs, il y avait au moins un de mes professeurs qui déclarait à mes parents : « Mylène n’est pas aussi forte que son frère ». Et pourtant, j’ai obtenu mon master 2, sans avoir redoublé une seule fois de toute ma scolarité.

Je n’avais alors que 7 ans quand la directrice de l’école a révélé à mes parents : « Mylène ne pourra pas faire de grandes études ». Peut-on juger aussi vite un enfant alors que je commençais à peine à lire ? Peut-on briser radicalement le rêve de nos parents alors que je commençais à peine à écrire ?

Arrivée au collège, les mêmes paroles sortant de la bouche de mes professeurs. Sans aucune délicatesse, mon professeur principal m’explique clairement que je ne serais pas capable de réussir dans un lycée général. Que dois-je penser de moi-même à ce moment là ? Selon elle, je serai plus « apte » à faire un BEP secrétariat. Avec la détermination de mes parents et surtout de mon frère qui croyaient en moi, je me suis tout de même dirigée vers une seconde générale.

J’ai alors fait un pas au lycée, oui mais à reculons. A vrai dire, je n’avais plus tellement confiance en moi. Des notes qui frôlaient la moyenne de la seconde jusqu’à la terminale. Et pourtant, j’ai obtenu mon bac ES.

Cinq ans plus tard, je suis invitée à la remise des diplômes pour recevoir mon master 2 de Management des Organisations du Secteur Sanitaire et Social. Mais encore aujourd’hui, quand je rencontre mes anciens professeurs, ils sont surpris que je sois allée si loin, à bac + 5.

 

 

Mylène, 24 ans, diplômée à bac +5, Nancy

Crédit Philippe Ramette

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1 RÉACTION
  • Quentin 1 avril 2014

    Je suis un jeune professeur en filière pro, et parfois je me surprends à penser que certains élèves ont été orienté là « par défaut » (le défaut ne venant pas d’eux mais bien du système) n’ont absolument rien à y faire. Mon lycée est polyvalent (pro et général réunis) et j’ai une élève de seconde qui en cours d’année à changé de filière pour aller en général. Au début elle avait peur de la filière générale qu’on lui avait présenté comme trop difficile pour elle. Dans ma classe elle n’avait que des 15/20, pas une note en dessous, je crois que ça lui a donné confiance pour changer de filière. En pro on récupère (dans le sens positif du terme) des élèves complètement broyés par l’institution scolaire. Il faut avant toute chose leur redonner confiance en eux et en l’école. Ce n’est pas chose facile.
    Alors au milieu de l’année, je leur ai parlé d’une amie à qui on avait toujours dit « tu n’auras pas ton bac » et que j’ai rencontré à l’université et je leur ai dit « vous, le bac vous l’aurez tous, vous allez vous battre pour l’avoir et vous l’aurez, chacun d’entre vous ».
    Il faudrait donner quelques conseils à certains profs:
    1. La fatalité n’existe pas!
    2. Les statistiques de réussite ne sont pas faites pour qu’on les suive, mais pour qu’on arrive à les faire mentir.
    3. ce n’est pas parce qu’on ne sait pas lire en CE1 qu’on finira drogué ou SDF. La vie réserve bien des surprises.
    4. Lire « chagrins d’école » de Pennac sans comprendre que c’est une autobiographie confine à l’autisme profond.
    5. Le management par la peur ne fonctionne nulle part, sauf si votre but est de voir des pendus.

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