Des notes, des couleurs… et la pédagogie dans tout ça ?

Notes àl'école
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Remplacer les notes par des couleurs. J’ai beau suivre l’actualité, je n’ai entendu parler de cette idée il n’y a qu’une dizaine de jours. Je trouve que jusqu’à un certain point dans le cursus de l’élève, ne plus mettre une note globale mais plutôt un code couleur pour valider ou non les acquis est une bonne chose. Ce point étant pour moi la fin du collège. Une fois au lycée, et notamment en cycle terminal, l’élève n’est plus le seul concerné par ses notes. Il y a ses parents et ses professeurs évidemment, mais également les écoles, pour les études supérieures. Je doute que ces dernières se contentent de petits points verts et rouges pour recruter leurs étudiants.

Des élèves français stressés

Il s’agit là du gros avantage des couleurs par rapport au traditionnel « /20 » : il devient plus difficile de démarquer les élèves, de les mettre dans « des cases ». Et c’est quelque chose dont on se passerait bien tant que les « enjeux » sont inexistants. C’est une pression supplémentaire inutile.

J’ai lu un article assez récemment dans lequel il était dit que « les élèves français étaient les plus stressés d’Europe », ceci, tout système éducatif confondu. Je ne voyais pas comment ne pas abonder dans le sens de cet article tant il faisait écho à ce que j’ai pu vivre durant ma scolarité. Les couleurs seraient donc un facteur de stress en moins selon moi et ça, c’est toujours bon à prendre. Mon moi collégien n’aurait certainement pas dit non.

Et si on expliquait ?

Cependant, en y réfléchissant un peu plus sérieusement : est-ce vraiment les notes le problème, ou plutôt notre rapport avec les notes ?

Peu importe le système en place, pour qu’il se montre efficace, il faut aussi qu’il soit correctement perçu/compris. Je parle non seulement par les élèves mais aussi par les parents derrière eux. Ah les fameux parents ! Les miens, et pourtant j’étais un élève plutôt studieux, étaient du genre à activer DEFCON1 dès qu’une mauvaise note apparaissait. Des élèves qui ne travaillent pas, avec un gros poil dans la main, ça existe, je ne dis pas le contraire. Mais je n’étais pas de ceux-là, alors quand je me prenais une brique à une évaluation, c’était vraiment dû à une difficulté par rapport à la leçon et voir mes parents se donner du mal pour me faire culpabiliser, ça ne m’a pas du tout aidé. En plus d’avoir un sentiment d’échec par rapport au contrôle raté, je me sentais mal d’avoir déçu les attentes de mes parents. Ô joie.

Méthode « /20 » ou couleurs, ce sont les mentalités qu’il faudrait changer. Parce qu’entre « C’est une catastrophe mon fils, tu as eu 07/20 à ton contrôle de français », et « C’est une catastrophe mon fils, tu as eu des points rouges à ton contrôle de français », c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Le problème reste inchangé. Un élève ne devrait pas pouvoir être défini par ses notes. Au final, ce n’est qu’un chiffre (ou, à l’avenir, une couleur).

Si l’Éducation Nationale pouvait faire preuve d’un peu de pédagogie et insister sur ce point… Bien expliquer à tout ce beau monde son système de notation (sans forcément le modifier) pour ne pas voir parmi nous des personnes accorder une importance quasi-biblique aux notes, je pense qu’on aurait là une avancée concrète sur le vrai problème.

 

Julien, 24 ans

Crédit photo Flickr CC Fort Edmonton Park

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1 RÉACTION
  • Pablo 26 novembre 2015

    J’abonde dans ce sens également : pour moi, le problème vient du fait que dans le système éducatif français on attache plus d’importance à la note (ou à la couleur, peut importe le système de notation), qu’au fait d’avoir appris/compris quelque chose. Changer la manière de « juger » et « classifier » l’enfant ne réglera pas le problème. Il faut réussir, dès le plus jeune âge à faire entendre la finalité de l’apprentissage d’une matière : acquérir des connaissances, pour sa culture, pour soi, pour son futur. Le but n’étant pas d’être le meilleur de la classe, d’avoir la meilleure note… Mais bel et bien de sortir avec un bagage.

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