Pourquoi j’ai abandonné mon stage de fin de licence… et ne regrette rien !

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Cet été, Marion est partie aux Canaries pour faire son stage de fin d’année de licence. Elle l’a vite lâché, sans aucun regret ! 

 

 

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Je suis actuellement à l’île de Fer (Isla del Hierro), une des treize îles de l ‘archipel des Canaries. Oui, tout de suite ça fait rêver je crois.

Devant moi, une vue splendide sur l’océan et
derrière moi, des montagnes sublimes. Les dernières lueurs du soleil percent la couche de hauts nuages.

Une petite brise s’invite doucement. La maison où j’habite est dans la région du Golfo, un ancien cratère énorme dont une partie s’est effondrée.

Le quartier est donc situé à l’intérieur de l’ancien cratère.  La maison est un assemblage de plein de nuances de verts et de plein de teintes magnifiques. C’est vraiment très mignon, très fleuri et très accueillant.

El Hierro est une petite île volcanique de quelques milliers d’habitants. Je suis venue pour… faire du jardinage ! (Ca fait moins rêver ?)

J’ai complètement raté mon année universitaire

Une gentille dame de presque 70 ans a besoin d’aide pour mettre en place un jardin où elle fera pousser des plantes médicinales. Certaines tâches sont devenues trop dures pour elle. Il est prévu que je reste un mois. Entre temps, un autre volontaire arrivera sûrement. C’est exactement ce qu’il me fallait après ces quelques mois à « étudier » à Paris. Je mets le mot « étudier » entre guillemets car j’ai complètement raté mon année universitaire.

Et je ne regrette rien. Je n’ai pas étudié. J’ai fait d’autres choses et j’ai beaucoup appris sur le plan émotionnel et relationnel.

J’ai beaucoup bu et fumé. Je me suis beaucoup amusé. Et j’ai beaucoup paressé. Cette année d’un point de vue universitaire est un abandon.

Je suis assise sur cette splendide terrasse fleurie et je n’ai aucun regret. Je ne serai pas là si je n’avais pas aussi abandonné mon stage.

Je devais être stagiaire réceptionniste dans un hôtel cinq étoiles dans le sud de l’île de Grande Canarie, pour les mois de juin, juillet et août. Je me suis présentée au premier jour de mon stage et j’ai de suite agonisé. Trop d’heures passées à ne rien faire, ou pire, à utiliser mon intellect pour des tâches répétitives et complètement nazes. Ouais, le travail quoi…

Je ne compte pas m’imposer des choses pour toujours

Ce stage était loin d’être le pire du monde. Trois mois logée dans un hôtel cinq étoiles (le plus beau de l’île), à peu près nourrie (la nourriture était passable et peu variée) et payée 300 euros par mois. On a trouvé bien pire. Je me suis enfuie bien vite pourtant, et je me suis mise à la recherche d’une petite mission de volontariat aux Canaries.

J’ai contacté beaucoup de monde et reçu de nombreuses réponses négatives. J’ai du perseverer. J’en venais à me dire que finalement je rentrerai peut-être en France après un petit mois de vacances passées sur l’île de Grande Canarie. Il fallait bien que je trouve quelque chose à faire pour juillet et aout !

Si j’avais réussi mes examens, je me serais sentie obligée de finir mon stage mais comme je savais que de toute façon je n’aurais pas ma L3, j’ai préféré partir et faire, comme d’habitude, ce qui me plaît, ou devrais-je dire ce qui me rend heureuse.

Oui, je suis peut-être déjà une vieille hippie sentimentale ( j’ai 20 ans) mais je ne compte pas m’imposer des choses pour toujours.

On croit s’imposer des choses pour se faire du bien mais cela se retourne contre nous. Pour être heureux, on suit les codes de la société (en nous persuadant qu’ils coulent de source) mais on finit par tous souffrir des mêmes choses. C’est bien la preuve que tous ces codes sont à jeter non !?

Je préfère faire du jardinage au calme

Si je m’étais imposé mon stage, qui sait dans quel état psychologique j’aurais été pendant ces trois mois ? Qui sait comme cet état psychologique aurait influé sur la suite de ma vie ? Non, je préfère faire du jardinage, au calme ici.

Je préfère passer du temps à essayer d’attraper tous les paysages avec mes yeux pour que jamais ils ne quittent mes pensées. Je préfère rêver et être heureuse même si cela signifie avoir moins d’argent et moins de confort. Bien sûr,  j’ai déjà eu assez d’argent pour venir aux Canaries (360 euros aller-retour) , pour me payer une auberge de jeunesse à Las Palmas (9 euros la nuit) et pour venir à El Hierro (65 euros aller).

C’est la vie que j’ai choisi. J’ai choisi de dépenser mon argent dans les voyages plutôt que dans des vêtements ou je ne sais quoi d’autre de superficiel…

Le voyage m’a tellement appris. J’ai rencontré tellement de gens exceptionnels. Et ce n’est pas fini. Je partirai encore et encore, non pas pour fuir mais pour me découvrir sans cesse.

Partez, vous deviendrez addict !

C’est bien là le sens de mon texte d’aujourd’hui ! Partez ! N’attendez pas demain ou un an… ou quand vos études seront finies ou pire, quand vous trouverez le bon compagnon de route. Partez seul ! Partez ! Dès que vous pouvez, allez découvrir ailleurs ce que vous êtes incapable de découvrir là où vous êtes, parce que la vie vous épuise.

Surtout, n’ayez plus peur de manquer de confort ou d’argent. N’ayez plus peur. Je suis bien consciente que beaucoup de personnes ont à peine de quoi payer le loyer et manger.

Je suis aussi consciente que beaucoup de personnes sont absolument incapables de sortir de leur zone de confort (ne serait-ce que d’abandonner leur super shampooing méga spécial et soi-disant indispensable !) et qu’ils ressassent encore et encore les mêmes idées noires et douloureuses.

Je suis surtout consciente que je suis entourée de gens qui souffrent, que leurs yeux sont fermés et que leurs coeurs sont crispés. Oui, je le répète, je ne suis peut-être qu’une hippie sentimentale mais essayez au moins ! On devient addict.  Quelle richesse que le voyage et quelle beauté devant mes yeux !

 

Marion Cécile, 20 ans, étudiante, Paris

Crédit photo : Flickr, Jump into the new year CC by Garrett

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