Et si on mangeait ensemble ?

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C’était il y a trois ans au début du mois d’octobre, j’arrive à la fac de Nanterre pour m’inscrire et commencer ma première journée de cours. Pour une étudiante ivoirienne qui vient d’arriver, c’est déjà difficile, le soleil et la chaleur humaine me manquent énormément. Cependant, je prends mon courage à deux mains. Ma mère me dit toujours : « Celui qui n’a pas peur n’est pas courageux ».

Une froideur inconnue

Malgré la froideur des gens, je finis de m’inscrire et j’assiste au premier cours de la journée. Il est midi et c’est la pause déjeuner, j’ai plutôt l’habitude de manger un bon attieke poisson (semoule de manioc accompagné de poisson frit et crudités) mais je suis en France maintenant donc c’est un sandwich thon crudités. Je regarde autour de moi, les gens mangent entre eux.

Je me sens tout à coup triste et bête. Je n’ai personne avec qui partager mon repas et passer du temps au moment du déjeuner. C’est sans doute de ma faute car je ne suis pas allée  vers eux, mais eux ne sont sont pas venus vers moi non plus. C’est la première fois  que je mange seule un midi. Je comprends que je ne suis vraiment plus en Côte d’Ivoire : manque de chaleur, de spontanéité… L’intégration est plus facile à dire qu’à mettre en œuvre…

Assumer ses choix jusqu’au bout

La question qui me trottait dans la tête – dans quel pétrin je me suis fourrée cette fois ? – la solitude et la tristesse m’envahissent d’un coup et je regrette amèrement d’être la. Je ne veux qu’une chose : rentrer à Abidjan illico presto. C’est pourtant impossible, et la voix de ma mère résonne toujours quelque part en moi – « dans la vie quand on fait des choix, on les assume jusqu’au bout … » – J’avais fait le choix de venir en France pour les études et ce n’est plus le moment de faire l’enfant qui, à la moindre frustration, difficulté,  veut repartir. A ce moment, ce n’est pourtant pas l’envie qui manque.

Accepter pour s’intégrer

La vie occidentale est très différente de la vie en Afrique. Il n’a pas de chaleur humaine, tout le monde marche rapidement, il fait froid et la météo n’arrange pas les choses. Je vis en France depuis trois ans. Je me suis quand même fait des amis au fil du temps, mais j’ai eu du mal à me fondre dans la masse et maintenant j’ai peur de devenir comme eux. Ce qui me désole le plus c’est que je côtoie des français et je remarque que tous ne sont pas fades et sans chaleur. Certains sont ouverts d’esprit, aimables et chaleureux et prêts à manger un midi avec des inconnus.

Donc, si vous êtes partant … venez et mangeons ensemble !!!!

Zahara, 24 ans, master de droit immobilier, Nanterre

Illustrations Praveen

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2 RÉACTIONS
  • A.A 18 juin 2014

    Bel’Bonjou! Je suis de Guyane et j’ai peur de ce changement. Il faudra bien que je parte car il n’y a pas de master de Droit ici. Beaucoup de mes amis qui sont partis se disent tristes de l’ambiance mais ils ont réussi à s’adapter. Je pense qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise culture, il faut savoir faire la part des choses. Les européens sont plus réservés, certes, peut-être que cette fois, c’est à nous d’aller vers les autres. Ne t’inquiètes pas du reste. Si ça ne marche pas, tant pis. Recommence. Je te souhaite bien du courage et de la bonne compagnie!

  • Oussama AFEV Créteil 19 juin 2014

    Bonjour,
    Tu trouveras d’autres avantages en France. Les transports en commun, les espaces verts, les musées … .
    Bon courage.

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