J’ai croisé le père de ma copine Sarah…

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Lucie a croisé le père d’une amie d’enfance. Jusque là, rien d’extraordinaire. Et puis il l’a invitée chez lui…

 

 

La semaine dernière, j’ai croisé le père de ma copine Sarah que je connais depuis plus de 15 ans. Elle est en vacances et sa mère aussi, son père est donc tout seul chez lui. Il avait l’air un peu nerveux quand il me parlait. Bizarre, je ne l’avais jamais remarqué avant, peut-être étais-je trop petite. Ce jour-là, il m’a invitée à passer un soir, c’est sur mon chemin pour rentrer du travail. La proposition m’a semblée naturelle, je le connais depuis très longtemps : il me portait sur ses épaules pour me ramener chez moi quand j’étais petite. J’ai même passé une semaine chez lui quand ma grand-mère est morte.

Il s’est installé très près, trop près

Vendredi soir, j’étais épuisée, mais j’y suis quand même allée. Il m’a proposé de l’eau après que j’ai décliné tout alcool. Il s’est ensuite installé très près, trop près de moi sur le canapé. Et il a tout foutu en l’air. Il a commencé par me dire que j’avais bien grandi. Il m’a parlé de la « cour de prétendants » que je devais avoir et du fait qu’il m’avait trouvée « troublante » la dernière fois qu’il m’avait croisée. Il m’a attrapé les mains et touché les épaules, m’a fait me lever pour voir quelle taille je faisais.

Ni violent, ni méchant, il m’a placée dans l’une des pires situation que j’ai connu jusqu’à maintenant.

J’ai fait stop, j’ai dit stop, je tremblais.

Je lui ai dit que je n’étais pas venue pour ça, que Sarah était ma copine et qu’elle aussi elle avait grandi.

Il a fini par comprendre et il a changé de sujet. Comme si de rien n’était, sans culpabilité apparente, sans mot d’excuse. Comme si c’était normal.

J’ai dû rester au plus 10 minutes supplémentaires et je suis rentrée chez moi.

En partant, il m’a demandé de ne pas dire à sa fille qu’il m’avait invitée alors qu’elle était absente, surtout le jour de son anniversaire. Et il ajouté qu’il espérait que je n’avais pas pris à mal ses « compliments ».

J’ai eu l’impression d’être tombée dans un piège

Alors non, en effet, il ne m’a pas violée, il ne m’a pas agressée, il n’a même pas été violent. De l’extérieur on pourrait même se dire que ce n’est vraiment rien et que de toute façon j’ai été sacrément conne. N’empêche que j’en suis sortie vraiment mal.

Bien sûr, je me demande si j’ai vraiment dit non comme il le fallait, si je n’aurais pas dû quitter l’appartement sur le champ quand il a commencé à déconner, si quand même je ne devrais pas en parler à Sarah.

Je ne lui en veux ni parce qu’il est marié, ni parce que j’ai 35 ans de moins. Je lui en veux de me mettre dans une telle situation et de ne même pas s’en excuser. Mais je suis aussi en colère parce que je me sens impuissante : j’ai eu le sentiment qu’il me voyait comme une proie et que j’étais tombée dans un piège. Et je n’y peux rien.

J’ai 20 ans et j’ai l’impression d’avoir fait mon premier vrai pas dans le monde des adultes. Je suppose que s’il a osé avoir un comportement pareil, c’est quand même parce qu’il me considère comme une adulte.

Je me pose donc la question : combien de fois est-ce que ça va m’arriver ? Combien de fois va-t-on me mettre dans une situation comme celle-là, où je me sens quelques instants en danger, où je me sens coupable sans avoir rien fait ?

Combien de fois va-t-on m’attirer dans un piège, en justifiant le tout parce que je suis « troublante » et sans en éprouver le moindre remord, sans faire la moindre excuse ?

Je pensais à tout ça en marchant dans la rue le lendemain matin, quand j’ai croisé deux hommes à la suite : « charmante » pour le premier, « j’peux te parler deux minutes » pour le deuxième avec un ton très agressif. J’avais envie de me cacher, qu’on ne me voit plus, qu’ils arrêtent avec ça. Non, ça ne marchera pas. Non, je refuse d’être une chose. Je refuse que n’importe qui se permette de donner son avis sur moi, d’être interrompue sans arrêt et de sentir des regards en permanence, juste parce que je suis une femme.

 

Lucie, 20 ans, étudiante, Paris

Crédit photo Gratisography

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3 RÉACTIONS
  • David 29 octobre 2016

    Wahoo c’est assez intense de réalité

  • Louis 1 novembre 2016

    Donc un homme t’as fait des avances, tu as dit non, il a arrêté et 10 minutes plus tard tu étais en train de rentrer chez toi.

    Les hommes sont vraiment ignobles. J’espère que tu n’auras pas trop de séquelles à long terme.

    • lightdyx 7 novembre 2016

      Ce n’est pas « un homme » mais , le père d’une amie.
      Qui plus est, le père d’une amie d’enfance qui l’a vu grandir et jouer avec sa fille.

      La situation est donc très embarrassante . Quand un homme que tu as connu enfant, dont tu es assez proche et qui t’apparaît plutôt comme une « figure paternelle » te vois maintenant comme un « bon coup », oui c’est tordu, désolée.

      Sans compter que ça m’étonnerait que son amie soit hyper heureuse si elle apprenait que son père a essayé de coucher avec une de ses copines.

      Il faut vraiment manquer de bon sens pour ne pas voir le coté malsain de la situation ;.

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