Partir en Equateur… et changer de regard sur le monde

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Clin d’oeil d’Amélie depuis l’Amérique latine. Un voyage riche en rencontres et réflexions !

 

Il y a 3 mois, j’ai traversé l’océan Atlantique, j’ai traversé cet océan pleins de bonne volonté, ma destination : un petit village d’Equateur où je devais faire mon stage de fin d’année.

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Combien sommes nous à traverser les mers et les continents pour se rendre utile ? De plus en plus. Mais au fond que recherchons-nous ? Une certaine fierté  ?

Quel bonheur ? Acheter le dernier Iphone ?

Quelques jours après mon arrivée, je me suis mise à tout remettre en question : ma légitimité, le droit que j’avais de me prétendre celle qui venait aider au développement, celle qui venait d’Europe, du « monde développé ». Nous cherchons, nous volontaires engagés, à amener une population d’un point A à un point B, ce point B étant basé sur le modèle de notre propre développement, notre propre culture.

Le but ultime serait de permettre aux populations rencontrées d’avoir accès à notre mode de vie, notre confort, notre bonheur… Mais quel bonheur ?

La joie d’acheter le dernier Iphone ou de ranger une énième paire de chaussure dans une armoire déjà pleine à craquer ? Ce bonheur artificiel qui nous fait vivre insatisfaits, emprisonnés par nos désirs d’avoir plus ? Avoir pour être…

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Arrivée dans ce village, j’ai compris le sens du  mot amour, l’amour en tant que ce qui nous unit les uns aux autres en tant qu’êtres humains. L’amour qui te fait lever la tête et saluer la personne qui croise ton chemin. Qu’est ce que je pouvais apporter de plus du haut de mes 19 ans, étudiante en
commerce et développement ? Là-bas, j’ai eu le sentiment qu’ils avaient tout compris, mais qu ils ne le savaient pas. A l’inverse, on pensait nous tout comprendre alors qu’on ne comprenait rien.

J’ai appris à vivre simplement

L’Equateur est en voie de développement, mais qu’est ce que cela veut dire ? Que les personnes que j’ai rencontrées étaient en retard sur notre monde industrialisé ? En France, tout au long de notre développement, notre indice de bien-être a augmenté, mais petit à petit, nous avons perdu nos valeurs, notre savoir-vivre, notre simplicité.

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Là bas j’ai appris à vivre simplement, à me détacher des désirs matériels et à m’ouvrir aux rencontres. Vivre, c’est simple, c’est partager.

Partager des éclats de rire, des expériences, des idées, des rêves et des silences. Donner de soi.

Ne pas avoir peur de l’autre, chercher en lui ce qui rend chacun de nous unique, ne pas se satisfaire de l’artificiel, de ce qui se voit en surface.

Comme une nouvelle famille, un nouveau chez soi

Le regard de ses femmes avec qui je travaillais m’apportait plus que tout l’argent du monde, l’espoir qu’elles mettaient en moi mEquateur3e rendait fière autant qu’il me faisait peur, toujours cette question de légitimité, peur de ne pas savoir leur rendre tout ce qu’elles m’offraient sans le savoir.


C’était comme rencontrer une nouvelle famille, trouver un nouveau chez soi à des milliers de kilomètres de sa maison.  

J’avais trouvé mon petit bout de paradis, ces endroits pleins d’innocence, d’authenticité, ces endroits qu’on cherche tous à rencontrer au cours d’un voyage. Mais ce sont  ces mêmes endroits que l’on cherche à développer, à modifier, qu’on transforme et qu’on abandonne partant à la recherche d’un autre paradis perdu. La conscience européenne est pleine de contradictions.

Apprendre de ceux que nous prétendons sauver

Après des nuits à réfléchir au sens du mot développement, à l’importance que lui donnent les médias et au marketing, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il n’y pas un objectif universel, car il n’y a pas de chemin universel, parce qu’il y a pas de culture universelle.

Il y a un monde diversifié et ce sont ces différences qui font sa beauté.

Oublions le développement dans le but d’uniformiser et pensons le comme une transmission : transmettre les clefs pour que chacun puisse suivre son chemin comme il l’entend.

Accompagner à l’accomplissement d’un rêve.  

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Le développement n’est pas quelque chose à sens unique, c’est un échange, nous pouvons apporter beaucoup, nous avons aussi beaucoup à apprendre de ceux que nous prétendons sauver.

 

Amélie, 19 ans, étudiante à l’école supérieure de commerce et de développement 3A, Lyon

Crédit photo Amélie 

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5 RÉACTIONS
  • Marie 14 septembre 2016

    Bonjour Amélie,
    Félicitation pour ta lucidité et cette belle découverte que la différence est une richesse.
    Bonne continuation.
    Marie

  • Pauline 15 septembre 2016

    Merci Amélie
    Ton regard et ta sensibilité sont très revigorants !
    Vive la jeunesse, tu contribues à garder l’espoir vivant, c très beau.
    Continue !
    J’espère lire d’autres travaux et reflexions signés de ton nom

    Bien chaleureusement !
    Pauline

  • Michel 16 septembre 2016

    Vous signez ici un très beau constat de ce qu’est la découverte de soi au contact des autres. Cela peut se faire avec son voisin de palier mais plus avec des personnes qui n’ont pas le même mode de vie, les mêmes réflexions sur l’existence, qui ont la curiosité de l’autre..
    J’ai trouvé cela moi aussi il y a une cinquantaine d’années en venant faire un stage de fin d’études sur une plantation de bananiers en Equateur. Après pas mal d’autres découvertes de tous genres autour de la planète, je suis venu m’installer dans ce pays où je réside désormais.
    Je vous souhaite plein de belles rencontres comme celles que vous venez de vivre..

    • Amélie 20 septembre 2016

      Vous vivez dans quel coin en Equateur?

  • camille 18 septembre 2016

    Tu as fait de belles rencontres 🙂

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