Je ne suis pas Charlie, je suis Bachir

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Du 7 au 9 janvier 2015, ce sont 17 personnes qui trouvèrent la mort tragiquement. 12 personnes lors de l’attentat dans les locaux du journal Charlie Hebdo, puis 5 lors de la fuite des terroristes et des deux prises d’otages simultanées.

Alors que dans un élan national les Français devinrent « Charlie », et qu’ils le manifestèrent lors d’une marche historique le 11 janvier, j’ai choisi, moi, de ne pas être Charlie. Alors que la nouvelle année sonnait le glas d’un renouveau une semaine auparavant, mon âme fût meurtrie, comme celle de millions de Français, lorsque ces actes ont été perpétrés. Les victimes se nommaient Frédéric BOISSEAU ; Franck BRINSOLERO ; Jean CABUT dit Cabu ; Elsa CAYAT ; Stéphane CHARBONNIER dit Charb ; Philippe HONORE dit Honoré ; Bernard MARIS ; Ahmed MERABET ; Mustapha OURRAD ; Michel RENAUD ; Bernard VERLHAC dit Tignous ; Georges WOLINSKI ; Clarissa JEAN-PHILIPPE ; Philippe BRAHAM ; Yohan COHEN ; Yoav HATTAB ; François-Michel SAADA. Les premières images de l’inscription sur fond noir du slogan « Je suis Charlie » ne tardèrent pas à faire leur apparition. Pourtant, aucune des victimes ne se nommait Charlie. Je me plais à rompre l’hypocrisie qui règne ! Je ne suis pas Charlie, je suis chacune de ces malheureuses victimes, qu’elles aient été tuées lors de l’attaque du journal, lors de la fuite ou bien lors des prises d’otages.

Charlie Hebdo ? De nombreux Français ne connaissaient pas ce journal auparavant, moi si. Je ne l’aimais pas, et ne l’aime toujours pas. Je fais partie de ces gens qui se permettent de rire de tout et qui ne se choquent pas d’un rien. Pourtant, les différentes caricatures que publie ce journal dépassent de loin les limites du raisonnable ! La liberté d’expression ? Elle s’arrête là où les droits des individus commencent, et cette atteinte à la liberté de culte et au respect des religions est condamnable. De nombreux débats autour de ces caricatures et de leur caractère provocateur ont déjà été tenus, il ne s’agit pas de chercher une explication à ce qu’il s’est passé. Un seul constat s’impose : rien ne mérite que l’on commette un acte terroriste aussi ignoble !

Je m’insurge également lorsque je constate les tentatives de récupération politique de ces tragiques évènements. Cela, par des personnes qui se plaisent à croire qu’elles sont politiciennes et qui tentent, tant bien que mal, de masquer leur incompétence en s’octroyant l’image d’un bon républicain solidaire. Je m’insurge encore plus lorsque je vois différents représentants d’États étrangers participer à cette marche, alors qu’ils contribuent à la propagation de la haine et d’actes inhumains dans leur propre pays. Et je me noie dans mon insurrection lorsque je vois l’irrespect de ces gens, qui auraient pu trouver la mort dans ces actes au même titre que les victimes, faire du business autour de cette tragédie : buzz sur internet, appel au don effectué par Charlie Hebdo et reparution des nombreuses caricatures ayant blessé de nombreux Français pour augmenter le chiffre de vente.

Ne pas être Charlie, c’est en revenir aux fondamentaux. C’est pleurer les réelles victimes de ces actes et condamner fermement le terrorisme. C’est être respectueux des victimes et de leur famille, et leur accorder la dignité et le respect qu’ils méritent. Je ne suis pas Charlie, je suis Bachir !

Bachir,  24 ans, étudiant en droit, Créteil

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