Marguerite R.

Marguerite R.19 mars 2018

Je préfère écrire des histoires fictives.

Ma famille, j’ai dû la quitter, pour aller en foyer

Une mère très stricte, un père nostalgique de sa jeunesse passée, je qualifie moi-même ma famille d'incroyable... et de bizarre. Aujourd'hui âgée de 16 ans, je vis dans un foyer.

Par Marguerite R.19 mars 2018

C’est l’histoire d’une jeune fille de 16 ans, Marguerite. Vivant à Paris. Dans un premier temps, elle vivait avec ses deux parents et ses cinq frères et sœurs. A ce moment-là, elle avait huit ans, ses parents avaient des problèmes d’argent car son père gagnait le SMIC dans une université où il travaillait comme réparateur et sa mère était mère au foyer. Elle touchait des allocations familiales, des avantages pour les familles nombreuses.

Mais ils avaient aussi des problèmes de santé : son père faisait de l’hypertension, son cœur battait trop vite et il avait du mal à respirer. Sa mère, elle, avait le syndrome de Raynaud. A cause d’une mauvaise opération, elle avait la poche d’estomac trouée, de gros maux de ventre permanents et un ventre comme une femme enceinte.

Les tensions et les disputes s’enchainaient chez Marguerite. Elle avait une mère stricte, maniaque et perfectionniste. Élever la voix était son activité favorite disait-elle.

Son père quant à lui adorait parler de sa jeunesse extraordinaire. Il disait souvent que ses enfants n’étaient pas débrouillards. Qu’ils étaient flemmards. Elle avait une famille incroyable et bizarre à la fois. Mais le fait qu’elle soit bizarre la faisait l’aimer encore plus.

Ses parents les adoraient et faisaient tout leur possible pour leur faire plaisir, leur offrir des cadeaux qui coûtaient chers. Mais Marguerite et ses frères et sœurs ne comprenaient pas que la situation était vraiment mauvaise.

Famille d’accueil, puis foyer

Ses parents ont fait appel à un juge d’enfant.

D’abord, son frère ainé a été placé. Puis, petit à petit, ça a été tous ses frères, puis elle. Ils rentraient tous les week-ends, puis une semaine sur deux.

Ses parents ont pris des appartements séparés même s’il s’étaient toujours ensemble. Ils voulaient leur indépendance. Les week-ends étaient toujours très compliqués : selon leurs envies, les enfants allaient soit chez leur père, soit chez leur mère.

Tous les deux ans, une audience était prévue et le retour chez eux était repoussé, encore et encore.

Elle a d’abord fait une famille d’accueil, elle y est restée quatre ans, de 8 à 12 ans. Elle s’entendait bien avec les deux autres enfants de sa famille d’accueil qui avaient le même âge qu’elle. Sa famille était bourguignonne, du coup ils partaient souvent en Bourgogne. Parfois, ils étaient plus, ça variait. Son grand frère était dans une famille d’accueil à côté. Du coup, elle pouvait le voir. Elle s’amusait bien, elle avait des bonnes notes, sa famille lui manquait mais elle trouvait ça bien d’alterner entre la famille d’accueil et la sienne, ça lui permettait de changer d’air parfois.

Malheureusement, il y avait des tensions entre sa mère et la famille d’accueil, du coup elle est rentrée chez elle pendant un an, quand elle était en 5ème. Un de ses frères était en hôpital de jour, elle était juste avec ses deux petites sœurs. Au bout d’un an, elle est allée en foyer avec elles parce que sa mère avait trop de problèmes de santé, les sœurs s’énervaient, tout le monde voulait changer d’air.

Dory aussi s’est retrouvée en foyer mais, elle, elle a pu retourner dans sa famille. Et, avec le recul, elle était mieux au foyer qu’avec sa mère.

Petit à petit elles se sont habituées, se sont fait beaucoup d’amis. Les gens dans un foyer sont moins sur toi qu’en famille. Il y a plus de gens, tu vois beaucoup de situations différentes. Même si parfois c’était compliqué pour ses sœurs, ça changeait de la vie à la maison. Elles faisaient des activités alors que leurs parents étaient « pauvres », elles ont pu faire des choses auxquelles elles n’avaient pas accès avant, comme aller à Disneyland ou au Laser Game.

Maintenant, elle sait qu’elle va rester jusqu’à sa majorité ici parce que ça ne va pas mieux chez elle. Elle aimerait bien partir à l’étranger et rester en relation avec ses frères et sœurs.

 

Marguerite, 16 ans, Orsay-Ville

Crédit photo Adobe Stock // © Antonioguillem

TAGS :