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Marine F.19 août 2019

J’aurais voulu être ado en ville comme mon père, pas à la campagne !

Mon père a choisi d’installer sa famille à la campagne. À 16 ans, j'aimerais sortir et faire les 400 coups comme lui… Vivre en ville quoi.

Par Marine F.19 août 2019

Mon papa a grandi dans le 93, dans un appartement d’environ 60 mètres carrés. Mais mon père, lui, a contracté une sorte de phobie de la ville, des immeubles. Il rêvait d’un autre air : d’espace, de verdure et de tranquillité, il s’est battu dans ses études en chantant « Envole-moi » de Goldman et s’est envolé vivre loin du tumulte de la ville. J’ai donc grandi à la campagne.

Lui partageait sa petite chambre avec son frère. Un p’tit appart’ de cité dans une barre d’immeuble avec les commerces et les transports à proximité. Là-bas, tout le monde a le même niveau de vie, plutôt faible, et l’entraide est la clef de la vie en communauté. Tout le monde se connaît et vit à proximité. Mon père a souvent des anecdotes et des bons souvenirs à nous raconter. Il faut dire qu’il a fait les 400 coups avec sa bande.

Ses amis habitaient dans l’appart’ d’en face ou d’à côté. Il pouvait facilement les retrouver quand il le voulait. Un jour, ils ont fait ingérer un pétard à un crapaud : la pauvre bête n’a pas survécu à l’expérience… Une autre fois, il marchait tranquillement quand il a été accosté par deux gars qui voulaient lui voler son Teddy, la fameuse veste de l’époque. Il s’est bien défendu, les a entraînés dans son quartier où les jeunes (vu qu’ils se connaissaient et s’entraidaient tous) l’ont aidé à leur faire passer l’envie de l’emmerder à nouveau.

J’adore les avantages qu’offre la campagne, mais je suis isolée

Moi, je vis dans un pavillon avec jardin, j’ai une grande chambre rien que pour moi, tout comme ma sœur, et un chien. C’est très tranquille. Trop tranquille. Le jardin, les fleurs, les oiseaux, c’est bien gentil quand on a 5 ans, mais j’en ai 16 et il n’y a pas de quoi faire des folies. Certes, on est loin de la zone blanche, DIEU MERCI, mais mes amis habitent à 15 minutes d’autoroute, nous sommes donc dépendants de nos parents et ne pouvons pas nous voir quand nous le souhaitons. J’adore les avantages qu’offre la campagne, mais je suis isolée, alors j’me réfugie dans les livres, les séries, les vidéos : on est loin des relations sociales.

Un mixte de la ville et la campagne, c’est possible ? On garderait les avantages et on supprimerait les inconvénients de chacun des lieux et hop ! Une petite maison dans une jolie ville, une rue tranquille d’où on entendrait les oiseaux, un petit jardin bucolique où mon chien pourrait se dégourdir les pattes, les amis, les activités, les épiceries et les transports juste à côté… Oui, je suis bien consciente que je demande la paradis là.

J’ai grandi en écoutant les épopées citadines de mon père

J’ai grandi en écoutant les épopées de mon père qui me parlait de l’agitation des villes, ça me faisait me sentir privilégiée et tranquille à la campagne. En même temps, cela m’amusait et me rendait fière parfois (pas pour le crapaud, RIP à lui). Je me suis appropriée ces histoires, je me disais : « Moi aussi, je ferai ça quand je serai plus grande. »

Et maintenant que j’ai l’autorisation de sortir de plus en plus avec mes amis, je ressens la frustration de ne pas pouvoir le faire autant que lui l’a fait ou que je le souhaiterais. Pour des raisons de distances et de dépendance aux transports que je n’aurais pas en ville… Vous voyez la larmichette couler sur ma joue ?

Avec le recul, Fanny pense, elle, que la campagne l’a rendue écolo. Son enfance baba cool, elle en tire son engagement.

Pour mon père, on habite déjà dans un lieu idéal, il aurait voulu grandir là où je grandis et moi, parfois, j’aimerais tester la vie en ville, là où lui a grandi. On s’envie mutuellement quoi. Mais de toute façon l’herbe est toujours plus verte ailleurs, non ?

 

Marine, 16 ans, lycéenne, Galluis

Crédit photo Unsplash // CC Alex Ovs

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