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Rémi B.14 février 2017

Étudiant à Nîmes et bénévole à l'AFEV.

Le plaisir de travailler… sans être payé

Un français sur quatre est bénévole dans une association. Engagé à l'Afev, Rémi ne reçoit pas d'argent en échange du temps qu'il passe à encadrer des jeunes de moins de 18 ans. Pas d'argent, mais bien plus...

Par Rémi B.14 février 2017

En 2013, j’ai mis les pieds dans une association d’éducation populaire, l’ambiance est à la déconne, on se tutoie, tout le monde se connaît. Cela peut s’expliquer par le fait que parmi les 6000 membres de l’association, seulement neuf sont salariés.

Moi, ça va faire quatre ans que je travaille à hauteur de 800 heures par an… pour le plaisir.

Maintenant, essayez de vous voir accompagner des jeunes de 8 à 17 ans, des moments où vous apprenez sans cesse, où vous pouvez vous former, où votre expérience sera valorisée.
Peu de jeunes de 20 ans peuvent se targuer d’avoir quatre années d’expérience dans le domaine de l’animation. Ajoutez à cela des compétences en trésorerie, en relation avec l’autre, en campisme et en médiation sociale.

Pour les grands et les petits

En tant que responsable, j’ai vécu de grands moments de mixité sociale : entre enfants de 10 ans, l’origine sociale et les problèmes d’adultes sont évidemment perceptibles. Mais une fois lancés à la poursuite du prince des voleurs, le fils d’immigré et la fille de médecins deviennent héros pour un temps.

Ce qui est formidable entre 8 et 12 ans, c’est qu’on peut observer des amitiés naissantes entre enfants qui vont rapprocher deux familles de milieux sociaux complètement opposés !

Entre “adultes”, nous vivons également une expérience hors du commun. C’est difficile de
comprendre les personnes qui viennent de milieux sociaux différents. Parfois, on se fait des
idées plus ou moins formatées. Puis, après avoir vécu ensemble un week-end par mois
pendant une année, nous partons en camp avec les jeunes.

Croyez moi, on passe autant de temps à découvrir les enfants qu’à découvrir nos collègues, nos amis.

Fils de fonctionnaire et de salarié, j’ai vécu une enfance peu difficile sans pour autant être
surpris du monde qui m’entoure lors de ma prise d’indépendance.

Pas de jambe pas de chocolat ?

Un événement m’a profondément marqué l’été dernier. Au sein de notre équipe, nous comptions une handicapée physique. Amputée des deux jambes à la naissance, elle devait porter des prothèses qui lui permettaient de marcher.

Un jour, une fois les enfants couchés, alors que nous étions en plein débriefing de la journée. Elle a demandé :

“Ca dérange que j’enlève mes jambes ? ” Assurément, la première fois est étonnante !

Finalement, cette responsable, pataude dans ses prothèses, a “perdu” son handicap une fois debout sur ce qui correspondrait à nos genoux. Nous avons ri, nous avons joué, et finalement, je crois que n’ai jamais autant appris de l’autre que durant ces 14 jours de camps.
Alors qu’aujourd’hui, quand on nous parle “travail”, c’est dans l’objectif d’une fiche de paie, d’un salaire, d’afterworks chiants entre collègues… Toi, lecteur qui est derrière ton écran, arrives-tu à imaginer ce travail qui me tient tant à cœur ?
Rémi, 20 ans, étudiant, Nîmes
Crédit photo Flickr CC alex’tudio’prod

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