Tina A.16 mars 2018

Harcelée sexuellement, ma CPE n’a rien fait

Les toilettes du collège, une bande de garçons et des attouchements. Choquées, Tina et ses amies décident d’en parler à la CPE, qui n'arrange pas franchement les choses...

Par Tina A.16 mars 2018

J’étais en Sixième au collège. Je me dirigeais vers le réfectoire avec mes amies quand un garçon plus âgé que moi est venu derrière nous. Au bout de quelques minutes à me regarder intensément, il m’a pris fermement le bras pour me plaquer contre le mur du réfectoire. Il m’a touché la poitrine pendant que mes amies se faisaient agripper par d’autres garçons. Il m’a touché les fesses et a essayé de m’embrasser, pendant que moi, je ne faisais rien. Je n’osais pas bouger et le repousser par peur qu’il me frappe. Je me suis sentie sale sur le moment, et bête aussi. Bête d’avoir peur alors qu’il suffisait juste que je crie pour que l’on vienne me sauver. Mais je n’ai rien fait. Au bout de quelques minutes, je me suis mise à crier sentant que ses mains allaient plus loin. Il a fini par me lâcher et est simplement parti avec ses amis sans rien dire, comme si tout était normal.

Juste après, mes amies et moi sommes allées voir notre CPE (Conseiller Principal d’Éducation) pour lui en parler. Elle nous a dit qu’elle allait tout régler et qu’il serait puni. Nous sommes parties du bureau soulagées.

Le lendemain, il est venu nous voir dans la cour. D’abord surprises par sa venue, on a vite compris pourquoi il venait. Il a attrapé mon visage puis m’a giflée en m’agrippant fermement le bras. Mes copines n’ont rien fait, paralysées par la peur je suppose, mais je ne leur en veux pas. Puis, comme la première fois, il est parti, mais cette fois-ci, il a rigolé, fier de lui. Nous avons appris plus tard que la CPE n’avait rien fait. Elle lui a simplement parlé sans même le punir. J’étais énervée mais surtout triste que personne ne nous soit venu en aide.

Aujourd’hui, cette histoire, c’est du passé. Je m’en rappelle quelques fois et sur le moment, je me sens triste, mais ça ne dure pas longtemps. Mon regard sur les garçons n’a pas changé et je n’ai pas peur d’avoir des relations amicales ou amoureuses avec eux. Avec le temps, j’ai même pu pardonner Yanis.

 

Tina, 16 ans, lycéenne, Paris

Crédit photo AdobeStock // CC Kittipong

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1 réaction

  1. La cpe est normalement dans l’obligation de réagir j’ai eu des attouchements aussi mais ça s’est passé différemment et moi la gendarmerie n’a même pas réagi.