Vlad V.16 janvier 2018

Lycéen, je suis aussi vendeur de beuh !

Depuis tout petit, Vadim voit des grands avoir la belle vie grâce au trafic. Du grossiste au revendeur qu'il est, il nous explique le business...

Par Vlad V.16 janvier 2018

Voir les grands se balader sur le dernier cross’, vêtements de luxe, voitures de sport. Entendre les exploits des anciens qui ont dépassé le million d’euros et qui ont la belle vie dans des villes au Sud de l’Espagne. Tout ça, grâce au trafic de résine de cannabis. Tout le monde veut la richesse. Alors, quand on voit qu’on peut l’avoir sans école, sans travail, sans bac et avoir beaucoup plus qu’une personne qui travaille toute sa vie, on peut que plonger. Moi en tout cas, j’ai plongé.

Ma cité, un four super organisé

Depuis qu’on est petits on voit ça. Sauf qu’on savait pas que c’était du trafic. Je devais avoir huit ans. On jouait au ballon et plein de voitures de police arrivaient à toute vitesse vers la tour où se situait le trafic. A leur descente, tout le monde cavalait dans tous les sens. La police essayait de plaquer le plus de personnes possible. Ils fouillaient la tour pour trouver les produits.

C’était l’époque où le quartier de Sevran Beaudottes était un « four ». Un four c’est un terrain qui faisait plus de 10 000 € par jour de vente de résine de cannabis et de beuh. Les anciens à qui appartenait le terrain sont millionnaires aujourd’hui. Maintenant, le terrain a régressé et appartient à des gars qui ont à peu près mon âge.

Dans le terrain, tout en haut, il y a le patron. C’est lui qui reçoit l’argent de la fournée et c’est à lui qu’appartient le terrain. Ensuite, il y a le gérant mis en place par le patron. Il s’occupe de mettre les bosseurs sur le terrain et de faire qu’il y ait pas de problème. Le bicraveur qui fait les transactions avec les clients, le guetteur qui crie à l’arrivée des keufs et le rechargeur qui ravitaille en produit le bicraveur.

Presque tout en bas, y’a moi

Au début, on a commencé moi et mon pote en traînant sur le terrain. Des mecs nous demandaient des services, de faire quelques allers-retours, ramener des produits à des endroits. Comme mon pote et moi on connait le gérant, on est passés direct à rechargeurs. On cachait le produit un peu loin du point de vente et on le ramenait au bicraveur quand il lui en restait plus beaucoup, genre que dix portions de shit et cinq de beuh.

Quand on fait pleine journée, on commence à 11h jusqu’à minuit, ou 11h-18h quand on fait une demi-journée. On est payés 100 € la journée et 50 € la demi-journée. A 23h30, on commence la fermeture : on compte l’argent et le reste des produits. Si y’a pas de problème, si tout est bon dans les comptes, on reçoit nos paies. 1h du matin, on prépare les produits pour le lendemain. On prépare les recharges. Et à 11h réouverture, on recommence…

 

Vlad, 16 ans, lycéen, Sevran

Crédit photo PNL // Clip – J’comprend pas

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2 réactions

  1. Cest presque cool ,jusqu au moment ou les vrais problemes arrivent et ils arrivent toujours !

  2. Le vrai bonheur ne s’obtient pas en générant de la mort autour de soi. Les morts à venir te sont inconnus certes!
    Pense qu’un jour il te faudra raconter ta jeunesse à tes petits enfants …