Coline M.21 décembre 2018

Je suis moi.

Mon île se modernise, mais perd son identité !

Coline voit la Martinique se transformer au gré des construction de routes et de nouveaux commerces, et la pollution qui se développe… La nature qui fait la richesse de l'île n’est pas assez préservée.

Par Coline M.21 décembre 2018

Quand j’étais petite, je vivais en Martinique avec mes parents. J’habitais au Marin, une commune au sud de l’île. Le surnom de la Martinique est « L’île aux Fleurs », et ce n’est pas sans raison. Les fleurs sont très précieuses et protégées. On peut par exemple les admirer au Jardin de Balata à Fort-de-France, où elles sont présentes en abondance.

Maintenant que je vis en métropole, où je suis arrivée à l’âge de 5 ans, j’arrive de plus en plus à distinguer les changements qui sont survenus là-bas au fil du temps. Aujourd’hui, quand je retourne sur mon île pendant les grandes vacances, je vois bien que les paysages se transforment.

De l’île aux fleurs à l’île de béton

La nature a toujours été très présente et précieuse pour les Antillais. Quand j’étais enfant, mes parents me répétaient souvent qu’il ne fallait pas arracher les fleurs ou cueillir les fruits des arbres, juste les laisser vivre. Partout, j’entendais ces publicités sur la sauvegarde de l’environnement. Aujourd’hui, j’ai l’impression que la nature n’est plus aussi sacrée. Les espaces verts sont remplacés par des habitations et des commerces qui polluent. Le béton a envahi une grande partie du territoire. De nombreuses terres agricoles, les plantations de bananes par exemple, ont laissé place aux routes.

Quand j’étais petite, on avait l’habitude d’aller à la plage chaque dimanche ; c’était notre rituel. Je marchais sur le sable pieds nus et je me jetais ensuite dans l’eau pour nager pendant des heures. L’eau était translucide et le sable extrêmement fin. Les plages étaient remplies de raisin de plage qu’on pouvait manger. Je me souviens qu’il y avait aussi des mancenilliers, des arbres de plage que mes parents m’interdisaient d’approcher parce qu’ils peuvent causer des brûlures.

Pollution des plages

Aujourd’hui, avec la modernisation de l’île et l’afflux de touristes, il y a des déchets partout : dans le sable et dans l’eau. Les plages ne sont plus aussi propres qu’avant. Elles sont remplies de déchets et d’algues toxiques ; les sargasses, comme on les appelle, qui se multiplient à cause de la pollution des mers. Elles sont non seulement nocives pour les humains, mais aussi pour d’autres espèces comme les tortues, qui meurent intoxiquées.

Un hyper incinérateur à Rochefort ? Salomé a dit non ! Inquiète des dégâts sanitaires et environnementales du projet dans sa ville, elle a décidé de s’engager en participant à la création d’une Zone À Défendre.

D’un côté, je suis fière que la Martinique ait progressivement évolué. L’île s’est modernisée et c’est devenu une destination incontournable. Ça a des bons côtés, mais elle perd un peu plus de son identité chaque jour. Si la nature disparaît aux Antilles, c’est les Antilles elles-mêmes qui disparaîtront !

 

Coline, 16 ans, lycéenne, Gonesse 

Crédit photo Pixabay // CC0 Creative Common

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