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Guillaumette C.3 juin 2020

Depuis le Covid, je voyage dans mon village

J'ai toujours voyagé à l'étranger pour les vacances. Confinée, j'ai découvert qu'il y avait aussi plein de merveilles chez moi, dans mon village.

Par Guillaumette C.3 juin 2020

Je pars souvent en vacances avec mon petit frère, ma mère et mon père. Nous sommes allés en Grèce, en Crète, à Malte, en Angleterre et dans plein d’autres endroits sympas. Je ne me rendais pas compte que nous allions aussi loin. On passait juste de bonnes vacances. Mon père aime voyager et nous emmène dans de beaux endroits en avion ou en voiture et on visite des musées, des villes, des sites archéologiques.

Je sais que c’est une grande chance de voyager. Mais est-ce nécessaire pour être heureux ? Partir à des kilomètres de chez soi, c’est enrichissant et on passe toujours un bon moment en famille, on découvre une nouvelle culture, de nouveaux plats. Mais grâce à mon expérience de confinement, je peux confirmer qu’on ne s’intéresse pas assez à ce qui se trouve tout près de nous ; du moins pour ma part.

Je n’ai pas besoin d’aller très loin pour me sentir ailleurs

Habitant dans la forêt, il m’arrivait quelquefois d’aller me balader quand j’étais plus jeune. Je construisais des cabanes, je me promenais hors des chemins, j’escaladais les murs et les arbres. Mais avec la routine du collège et le fait d’avoir grandi, je n’y allais que quand je ne me sentais pas bien, et encore. Ça m’attristait, je pouvais profiter de cette chance mais je restais dans mon lit à regarder des vidéos. J’assimilais donc mes vacances à l’étranger à une grande sortie où je profitais du dehors.

Maintenant qu’on a tous été enfermés chez soi, je réalise encore plus ma chance puisque je n’étais pas du tout enfermée. Je suis sortie comme quand j’étais plus jeune ; j’ai vu des sangliers, des chevreuils et des écureuils mais aussi l’étang, les arbres qui montent dans les cieux avec les rayons de soleil qui les traversent. Et avec la luminosité et la verdure du moment, j’ai assisté à un beau spectacle. J’avais oublié toute cette nature, cette vie.

C’est là que je me suis dis que je n’avais pas besoin d’aller très loin pour me sentir ailleurs. J’ai même découvert mon village, pourtant pas si grand. Je trouve que c’est plus intéressant de savoir ce qu’il y a autour de nous qu’à des milliers de kilomètres. On habite quelque part sans en connaître les recoins en détails, c’est dommage.

Apolline aussi s’est baladée dans son village pendant le confinement. Mais pour elle, cette crise n’a pas changé grand chose… : « Dans notre village le confinement, c’est tout le temps. »

J’ai raconté à mes parents mes découvertes et je leur ai appris l’existence d’une cabane abandonnée assez intrigante, ils étaient contents de voir que le confinement ne me laissait pas triste. Au contraire, je n’arrêtais pas de m’activer.

Me reposer, au lieu de faire mes valises

De plus, mes parents veulent toujours partir en vacances alors que j’aime bien rester à la maison et profiter de pouvoir me reposer. Au lieu de faire ses valises, prendre l’avion, se démener pour visiter le plus de musées possibles…

Avoir eu deux semaines de vacances et les passer à la maison, c’était agréable ! Je n’appréhendais pas : j’avais hâte d’aller me promener, de dormir, de jouer avec mon petit frère. J’ai d’ailleurs eu le temps de faire plus d’activités que prévues ! J’ai découvert la machine à coudre qui se cachait à la cave, j’ai rejoué aux jeux vidéo auxquels je jouais quand j’étais petite et on a même eu le droit d’avoir un petit chien que ces mois de confinement ont permis d’éduquer pleinement.

Et prendre l’avion a beaucoup d’aspects négatifs. On va peut-être plus vite et plus loin, mais est-ce que ça en vaut la peine ? Quand on sait que l’avion est la cause de la crise écologique dont tout le monde parle en ce moment. L’avion perd tout son intérêt quand on comprend qu’il ne faudrait pas l’utiliser ! Aller simplement dans d’autres régions, d’autres villes de France peut suffire pour découvrir et se détendre.

Depuis que le mouvement Flygskam est apparu en Suède en 2018, de plus en plus de gens décident de ne plus prendre l’avion pour voyager. L’émission Complément d’enquête sur France 2 a consacré une émission sur ce nouvel activisme.

Au final, avec la crise sanitaire, on partira sûrement en vacances d’été dans le Nord de la France, au bord de la mer, parce que toute la famille aime aller là-bas et pour avoir un sentiment de vacances, après être restés à la maison. Sans prendre l’avion et sans aller trop loin !

 

Guillaumette, 14 ans, collégienne, Clairefontaine

Crédit photo Unsplash // CC Annie Spratt

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