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Habibullah4 août 2019

D’Afghanistan à la France, d’une campagne à l’autre…

Arrivé en France il y a quatre ans, j'ai emménagé à la campagne. Je vivais déjà à la campagne en Afghanistan sauf que là-bas, il y avait la guerre...

Par Habibullah4 août 2019

Je suis né en Afghanistan. Je suis arrivé en France en novembre 2015 après un long voyage d‘un an qui m’a fait passer par le Pakistan, l’Iran, la Turquie, l’Europe de l’Est et l’Allemagne. Le voyage, c’était très dur : se faire tirer dessus, rien à manger ou à boire, des voleurs partout… Quand je suis enfin arrivé à Paris, à la Gare du Nord, c’est comme si j’étais né de nouveau. Après le tour du monde, j’ai fait le tour de la capitale : 17ème, 18ème, 10ème, Seine-Saint-Denis… J’ai vécu dans tous les arrondissements.

Au bout de trois ans et demi, j’ai intégré le Centre de Formation Le Nôtre, à Sonchamp, dans les Yvelines. Enfin, je quittais Paris ! J’étais fatigué de la grande ville. La campagne, ça me plaît trop. Ici, c’est calme. Les gens sont gentils. C’est tranquille, j’ai pu me reposer. J’ai vu beaucoup d’animaux, des sangliers, des moutons, des chevaux. Mais ce qui est compliqué ici, c’est qu’il n’y a rien à faire pendant les vacances et que je ne peux pas encore travailler à cause des papiers.

En Afghanistan aussi j’habitais à la campagne. C’est le même mot, mais ce n’est pas tout à fait la même chose !

Là-bas, tu ne peux pas sortir de chez toi car c’est la guerre

La campagne en Afghanistan, ce n’est pas calme comme ici. C’est bruyant, soit à cause de la guerre, soit à cause des conflits entre les voisins, ou en raison des voleurs (parfois, ils viennent voler des pastèques). La vie n’est pas la même ici et là-bas. Ici, tu fais ce que tu veux, tu prends tes décisions tout seul. Là-bas, tu ne peux pas sortir de chez toi la nuit, car c’est la guerre. Et si tu le fais, tu te fais tirer dessus. Il n’y a pas l’école, ou pas tout le temps. Souvent, le professeur est absent parce que les policiers se servent de l’école pour surveiller le quartier. Ils protègent les gens des talibans et quand les deux clans se tirent dessus, ils peuvent tuer des civils.

Divan vient lui aussi d’Afghanistan, un pays qu’il a dû fuir il y a cinq ans. Aujourd’hui en France, il se remémore avec nostalgie son village afghan.

Le village est entouré de montagnes. Tout en haut de la montagne, il y a un commissariat installé qui surveille tous les villages. C’est très dangereux, beaucoup de mes amis sont morts. Même moi, quand j’étais adolescent, j’ai été obligé d’utiliser des armes. Ce sont des mauvais souvenirs et aujourd’hui, j’aimerais oublier ce moment en m’engageant pour la France, dans l’armée. Je ne retournerai jamais dans la campagne en Afghanistan. Par contre, c’est à la campagne que je vais m’installer en France.

 

Habibullah, 19 ans, étudiant, Sonchamp

Crédit photo Pixabay // CC0 Charly_7777 et Unsplash // CC Jossuha Théophile

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