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Emilie Z.23 mai 2020

Autisme : suis-je une Aspergirl ?

J'ai découvert il y a peu que je pourrais être autiste Asperger. Une différence que je ressens depuis l'enfance mais qui n'a pas encore été diagnostiquée, faute de médecins spécialisés là où j'habite.

Par Emilie Z.23 mai 2020

Une amie de la famille m’a récemment fait la confidence suivante : « Tu m’as fait peur, la première fois que je t’ai vue. » J’avais 10 ans. Petite, je passais des heures à trier des perles dans une grande boîte, puis je les remélangeais et je recommençais. Pour moi, c’était un jeu d’enfant, mais pour elle c’était un comportement d’autiste.

Un livre. Il m’a suffi de lire un seul livre pour que, le 23 décembre 2018, toute ma vie soit subitement remise en cause. « Suis-je atteinte du syndrome d’Asperger ? » Cette question ne quitte plus mon esprit depuis que j’ai lu La différence invisible de Julie Dachez. C’est l’histoire de Marguerite, une jeune femme de 21 ans qui déteste l’imprévu, le bruit, les soirées, ne comprend pas le second degré et les autres codes sociaux ordinaires. Elle se rend compte de sa différence, se documente, et découvre qu’elle coche beaucoup de cases du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme sans déficience intellectuelle ni retard de langage.

« Tu t’es échappée de quel asile ? »

Je me suis reconnue en Marguerite. Beaucoup de souvenirs d’enfance me sont subitement revenus en mémoire, notamment ces phrases de camarades de classe : « Tu es bizarre ! », « Tu t’es échappée de quel asile ? », « Extraterrestre », « De quelle planète tu viens ? », « Es-tu en Segpa ou en classe spécialisée ? »… Un jour, lorsque j’étais en maternelle, un homme est venu dans notre classe et m’a demandé, ainsi qu’à une camarade, de le suivre sans explication. Il nous a conduites dans une salle et nous a fait faire des activités d’éveil, du dessin, de la musique, puis nous a ramenées en classe. Était-il médecin ? Psychologue ? Mes parents disent ne pas s’en souvenir.

Atypical est une série Netflix qui aborde l’autisme avec humour et bienveillance. On y suit l’histoire de Sam, un jeune ado autiste, et les rapports qu’il entretient avec ses amis, ses amours et surtout sa famille.

Aujourd’hui, je le sais, je suis différente. Je cherche simplement à savoir pourquoi. J’en ai parlé à plusieurs membres de ma famille, ils étaient ravis que je m’interroge. Soutenue par mes proches, j’ai pris un rendez-vous chez un psychiatre spécialisé dans l’autisme à Brest. Il m’a posé diverses questions sur mes relations sociales, ma routine, mes habitudes alimentaires, mes loisirs.

Asperger, c’est plus difficile à détecter chez les femmes

Le résultat fut sans appel : j’ai des habitudes et des comportements propres à l’autisme. Pour en avoir la certitude, il faudrait toutefois que je prenne un rendez-vous auprès d’un Centre de Ressources Autisme [CRA] avec un spécialiste de ce syndrome. Malheureusement, il y en a peu en France. Le plus proche se trouve à près de deux heures de route de chez moi, et il faut parfois des mois pour obtenir un entretien. J’ai contacté aussi un groupe de parole qui réunit des femmes autistes, à Brest. Hélas ! Depuis que mes parents sont revenus vivre dans le Cher, c’est plus difficile de m’y rendre.

Suis-je une Aspergirl ? Je me suis un peu renseignée sur le sujet. Le syndrome d’Asperger est plus difficile à détecter chez les femmes. Il y a autant de femmes que d’hommes concernés par ce syndrome, mais les filles apprennent dès le plus jeune âge à imiter le comportement de leurs congénères et à dissimuler leurs différences. Elles expriment leurs troubles plus légèrement que les hommes. Et pour cause, cette maladie a été étudiée et détaillée à partir d’exemples masculins !

Ingrid est autiste et n’a plus honte de le dire. Aujourd’hui, elle a un message à faire passer et espère bien se faire entendre… 

J’attends d’être installée et d’avoir fini mes études pour reprendre ces démarches. Je me dis aussi que cela ne changera pas ma vie, ni ma façon d’être. En même temps, il est important pour moi de savoir véritablement qui je suis.

 

Emilie, 23 ans, volontaire en service civique, Vierzon

Crédit photo Unsplash // CC Houcine Ncib

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3 réactions

  1. Bonjour Emilie,

    Merci pour ton témoignage 🙂

    Voilà j’aurais quelques questions simplement parce que je me demande aussi si je suis Aspie, j’ai fais l’aspie quiz avec un score de 146/200 puis j’ai lue sur d’autres articles finalement que ce quiz n’étais pas certifié.

    Du coup je vais un peu à la pêche aux infos 🙂

    Peut-être pourrais tu me donner plus d’infos sur les raisons pour lesquelles tes camarades de classe te trouvais bizarre ?
    Étais tu douée à l’école ?
    Avais tu des problème de concentration ?
    Te pose tu trop de questions après avoir discuter avec un inconnu ou un ami sur ce que tu aurais du dire ou ne pas dire?
    Es tu irritée lorsque tu attend quelque chose d’une situation mais qu’elle se passe différemment ?

    En faite si je te pose toute ces question car je correspond à certains caractéristiques, mais j’ai eu une enfance difficile et très instable ce qui pourrait avoir eu un impact sur mon comportement et peut être cacher ces traits de caractères particuliers…

    Merci de m’avoir lue,
    Excuse moi si tu as pu trouver ça déplacé,
    Bonne journée ou soirée à toi,
    peut être à très vite

  2. Bonjour Alexandra. Je te remercie de ton commentaire.
    Ce qui pour me différentis des autres c’est que je n’étais pas une excellente élève à l’école. j’étais plutôt dans la moyenne. Mais j’ai une mémoire visuelle et auditive incroyable. Je peux voir un film ou un sketch 2 ou 3 fois pour le retenir par cœur et pouvant le refaire avec la voix les mimiques et la gestuelle des personnages.
    par exemple il m’a fallu 4 heures pour retenir, et maîtriser 20 minutes d’un spectacle comique que j’aime beaucoup et une fois que c’est dans ma tête cela n’en sort plus.
    sinon je suis différente car j’ai de gros problèmes de relation sociales, j’ai une vision du monde et des choses qui est différente des autres. Je ne résonne pas de la même manière. Je ne me sentais pas concerner par les sujets de conversations des autres.
    ( les nouvelles technologies, le physique des gens,la mode,les relations amoureuse…).Je suis également très obsessionnelle,très souvent avant une action ou une conversation j’ai tendance à tout prévoir. je prévois la réaction de la personne avant qu’elle me parle, je prévois tout tout le temps et cela m’énerve beaucoup. J’ai également très peur du monde extérieur. Une fois j’ai perdus 1 année dans un groupe de théâtre car étant donner que je ne connaissais personne dans ce groupe, j’avais peur de ne pas pouvoir m’intégrer ou d’être juger par les autres donc je me suis décider trop tard pour m’inscrire.
    voila en résumé ce qui pour moi me fais penser aujourd’hui que je peux être asperger.

    en espérant que cette réponse sois satisfaisante.

  3. Ne sous estimez pas la reconnaissance en tant qu’autiste par un diagnostic. La considération des gens n’est plus la même qu’on vous considère autiste ou pas. À cause des stéréotypes du handicap et de l’autisme.Tout dépend pourquoi vous souhaitez ce diagnosti. Il n’est pas à prendre à la légère. Mais une chose est certaine vous ne pourrez plus compenser votre autisme en avançant dans l’âge en effet ce que vous pouvez faire jeune vous ne pourrez plus le faire plus tard alors profiter de votre immersion dans le monde neurotypiques pour apprendre et évoluer comme tout le monde si vous pouvez le faire, faites le. Vous savoir autiste ne doit pas vous empêcher de faire ce que vous désirez car les gens ont tendance à vous enfermer dans l’image qu’ils ont de l’autisme et vous empêcher d’atteindre vos buts. Bonne chance.