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Clara B.1 septembre 2019

Il y a plus d’élèves dans mon lycée que d’habitants dans mon village

L’année dernière, je suis entrée au lycée de Rambouillet. Pour moi, c’est la grande ville ! Et ce nouveau quotidien me rend nostalgique de mon petit village des Yvelines.

Par Clara B.1 septembre 2019

Depuis que je suis née, je vis dans un tout petit village de 600 habitants appelé Ponthévrard. Ma mère y habite depuis qu’elle a 4 ans et ma grand-mère y habite toujours. Souvent, les gens disent que c’est un « bled paumé » sans chercher à comprendre pourquoi on aime autant y vivre. Mon frère et moi, nous avons aussi envie d’y rester. C’est calme, c’est juste à côté de la forêt, tout le monde se connaît et dès qu’on sort, on croise forcément une connaissance ou un groupe d’enfants qui nous rappelle nos années de primaire.

C’était un peu le même état d’esprit quand je suis allée dans mon collège à Saint-Arnoult. On se connaissait tous plus ou moins et, à l’époque, je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais d’avoir tous mes amis réunis au même endroit tous les jours. J’avais vraiment envie de me lever le matin pour venir en cours. D’un autre côté, j’avais quand même hâte de découvrir le lycée de Rambouillet où ma mère, ma sœur et mon frère ont passé leur bac. Ils m’ont toujours dit que c’était les meilleures années de leur vie et étant très heureuse au collège, je m’attendais vraiment à quelque chose de génial.

Un trajet de bus entre mon village tranquille et la ville énorme

C’est tout l’inverse qui s’est produit. Ce lycée est immense, comme la ville où il est situé, et c’est totalement impossible de croiser deux fois la même personne dans une journée. Il y a presque quatre fois le nombre d’habitants de mon village dans le lycée, et pourtant, je n’ai pas du tout fait de nouvelles rencontres… J’aime bien cet endroit, mais pas au quotidien. Il y a beaucoup de voitures, des bus de tous les côtés, le bruit du train en fond et des feux rouges. Le seul point positif, c’est que maintenant j’ai 45 minutes de bus pour venir et je peux écouter ma musique tranquillement ou croiser mes amis du collège.

Capucine a grandi dans un village de 3 000 habitants. Étudiante à Paris, elle a joué au jeu des différences entre sa vie dans une grande ville et à la campagne. Pour casser les préjugés !

C’est ce trajet qui sépare le village tranquille où j’ai vécu de très bons moments et la grande ville de mon immense lycée. Rambouillet est une toute petite ville par rapport à Paris, mais c’est énorme par rapport à mon village. J’espère faire de nouvelles rencontres l’année prochaine pour changer l’image que je me suis faite du lycée. La plupart des gens de ma classe viennent de Rambouillet et pensent que leur ville est la meilleure. Ils disent qu’ils s’ennuieraient dans un petit village, mais moi, c’est au lycée que je m’ennuie. Au final, j’ai l’impression que mon village, c’est ma maison et pour eux, c’est la grande ville qui est leur maison.

 

Clara, 15 ans, lycéenne, Ponthévrard

Crédit photo Unsplash // Coen Van

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